Rendre l’économie de l’Union européenne plus durable, tout en transformant les défis environnementaux et climatiques en opportunité, c’est l’ambition affichée par le Green New Deal, le pacte vert présenté le 11 décembre par la nouvelle présidente de la Commission européenne Ursula de von der Leyen. Il englobe tous les secteurs économiques, dont l’agriculture. Cette « nouvelle stratégie de croissance », comme la présente la présidente, s’accompagne d’une feuille de route comprenant des actions à mettre en œuvre afin de « promouvoir une utilisation efficace des ressources ».

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Un « verdissement de la Pac »

Une des principales ambitions de ce texte est de faire de l’Europe, le premier continent neutre en carbone d’ici à 2050. « Dans les 100 jours », la Commission européenne va présenter « la première législation européenne sur le climat », elle présentera aussi sa stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon de 2030. Concernant l’agriculture et l’alimentation, la Commission veut mettre ne place une stratégie « De la ferme à la table », pour « une alimentation durable » aussi présenté comme « un verdissement de la Pac ».

Concrètement, entre 2020 et 2021 la Commission va examiner les projets de plans stratégiques nationaux, qui sont prévus dans le projet pour la future Pac, au regard des ambitions du « pacte vert ». À partir du printemps 2020, la Commission présentera des mesures de verdissement, y compris législatives, visant à réduire de manière significative l’utilisation de pesticides chimiques et les risques liés à ceux-ci ainsi que l’utilisation d’engrais et d’antibiotiques. Ainsi, la Commission prévoit réfléchir à l’introduction de seuils limites d’utilisation de produits phytosanitaires.

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Une proposition « irréaliste » ?

Lors de la présentation du rapport, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmerman, a d’ailleurs souligné le rôle clé que devrait jouer le monde agricole. Le Copa-Cogeca (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne et le Comité général de la coopération agricole de l’Union européenne), dans un communiqué publié à la suite de la présentation du « pacte vert », affirme que les agriculteurs et les organisations agricoles sont prêts à engager la transition aussi ambitieuse soit elle, à condition que la politique soit « concrète et réaliste ».

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Améliorer les revenus pour engager la transition

L’organisation européenne s’interroge ainsi sur la manière dont cette stratégie va s’intégrer à la future Pac et sur les moyens alloués aux agriculteurs pour faire face aux charges grandissantes. L’organisation souligne ainsi qu’il est nécessaire d’améliorer les revenus agricoles européens afin d’engager sereinement cette transition. « Les manifestations d’agriculteurs qui se sont déroulées dans plusieurs pays européens nous rappellent qu’il faut un revenu agricole décent », insiste le Copa-Cogeca.

Le texte n’est pour le moment qu’une proposition puisque le Parlement et le Conseil européens doivent l’entériner. Le 12 décembre au soir, à l’issue d’intenses discussions, le Conseil européen est arrivé à un accord partiel afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Cet accord exclut la Pologne, trop dépendante du charbon.

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Marie-Astrid Batut, avec l’AFP