Que pense la Coordination rurale (CR) du « pacte de consolidation » proposé par le gouvernement le 4 octobre dernier ? Que du mal. Le syndicat a dressé, le 6 octobre dernier, une liste de reproches point par point à ce qu’il considère être « un grand enfumage ».

Les garanties bancaires ? « Il est difficile de croire que ce dispositif va permettre à tous les agriculteurs de bénéficier d’un traitement équitable par les réseaux bancaires et de taux plus bas, rétorque la CR. Pour l’année blanche, financée à un tiers par l’État, un tiers par les agriculteurs et un tiers par les banques, ces dernières n’ont pas complètement joué le jeu. Pourquoi tiendraient-elles parole aujourd’hui ? »

État de crise chronique

Pire : selon le syndicat, aucune des solutions proposées aux éleveurs n’est susceptible d’enrayer « l’état de crise chronique ». « Globalement, explique-t-il, les éleveurs de bovins à viande sont totalement oubliés dans ce plan. Le gouvernement évoque la contractualisation, mais n’apporte aucune précision : probablement un nouvel effet d’annonce sans issue pour les éleveurs. »

Surtout, la Coordination rurale déplore la « posture défaitiste » de ce pacte, symbolisé dans les aides au départ et au déménagement. « C’est la première fois qu’un plan d’urgence envisage que certains quittent la profession », note-t-elle.

« Certaines chambres d’agriculture ont obtenu des subventions pour financer des audits, ceux-ci permettant de trier les producteurs : ceux dits “d’avenir” qui peuvent continuer et les plus fragiles qui doivent arrêter (les producteurs du “passé”). Il est regrettable que ce travail indigne de sélection revienne à la profession elle-même. Par ailleurs, si l’on compare avec le plan d’urgence mobilisé pour Alstom (1,5 million d’euros par salarié, pour qu’il garde son emploi et ne déménage pas), l’aide accordée aux agriculteurs est ridicule ! »