Des associations environnementales de Bretagne ont lancé le lundi 9 décembre 2013 à Rennes une pétition pour une « autre logique de développement », estimant que le document qui doit être signé le 13 décembre par Jean-Marc Ayrault marque « la poursuite d'un modèle productiviste ».

Les associations de protection de l'environnement appellent à « un pacte d'avenir breton au service de l'ensemble des citoyens de notre région, qui inscrive en son coeur les enjeux sociaux et environnementaux pour construire une autre logique de développement, solidaire, soutenable, humain », selon le texte de la pétition.

« Le projet [de pacte] est aujourd'hui clairement orienté vers la poursuite d'un modèle productiviste [...] pourtant à bout de course, tant au plan social que par ses atteintes à l'environnement », peut-on lire également.

« Le pacte semble donner une sorte de blanc-seing à un modèle économique où les volets social et environnemental apparaissent comme une variable d'ajustement », a déclaré, lors d'une conférence de presse, Jean-Luc Toullec, président de Bretagne Vivante.

Assurant représenter « 70.000 foyers bretons », les seize associations réunies dans ce collectif considèrent que, pour ce pacte, il y a eu « un problème, à la fois sur la méthode – insuffisance des débats – et sur le contenu ». « Un projet autour d'une ambition partagée ne peut se construire en trois ou quatre semaines. Le contenu n'est pas à la hauteur des enjeux économiques, sociaux, environnementaux de la Bretagne », a souligné Gilles Huet, délégué général d'Eau et Rivières de Bretagne.

« Le pacte devrait être une vision d'un avenir partagé. Or, on est dans un anti-Grenelle, avec une pseudo-concertation », a aussi estimé Gaël Virlouvet, président d'Ille-et-Vilaine Nature Environnement.

« Est-ce qu'on veut rassembler les Bretons pour un projet partagé ou les opposer les uns aux autres ? », s'est interrogé M. Virlouvet, pour lequel « l'enjeu démocratique a été escamoté ».

M. Huet a également soulevé la question de la décentralisation, prenant notamment l'exemple de la politique de l'eau ou de la redistribution des aides de la Pac. « Ce sont de vrais débats qui n'ont pas eu lieu », a-t-il dit.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault doit se rendre le vendredi 9 décembre 2013 à Rennes pour signer le « pacte d'avenir pour la Bretagne » rédigé au pas de charge ces dernières semaines à la suite du mouvement social des Bonnets rouges.