Alors que s’ouvre début février sur internet une consultation publique sur la Pac post-2020, les contributions affluent. La Fédération européenne des mouvements d’agriculture biologique a demandé à la Commission européenne, par un courrier du 19 janvier 2017, de mettre l’accent sur la qualité de la production agricole et non pas sur sa compétitivité. Une demande qui en rappelle une autre, celle de la Confédération paysanne, dévoilée le même jour lors de ses assises de l’agriculture et de l’alimentation.

Performance environnementale

« Malgré les améliorations apportées à la Pac ces vingt-cinq dernières années, en particulier une meilleure prise en compte du développement des zones rurales, la durabilité n’est pas au cœur de l’architecture de la Pac, peut-on lire dans le courrier reçu par Phil Hogan. […] Or, avec près de 40 % du budget de l’UE, les décisions prises ont un impact sur notre système alimentaire. » La fédération déplore dans son papier d’orientation sur la Pac post-2020, une politique trop orientée vers les exportations, qui sape les efforts liés à la sécurité alimentaire et à la lutte contre le changement climatique. Elle appelle à un changement de cap.

« La prochaine Pac doit mettre en mouvement un nouveau pacte entre les agriculteurs et les citoyens qui renforce les performances environnementale et socio-économique du secteur agricole et alimentaire ». Dans ce but, elle propose une Pac dont les soutiens sont corrélés aux résultats agroécologiques. Et de préciser que moins de 30 % des dépenses de l’UE ont été employées pour des mesures environnementales et que les investissements écologiques représentent seulement 15 %.

Budget substantiel

Ces nouveaux paiements devront être basés sur :

  • une rémunération de biens publics qui incitent et récompensent les agriculteurs qui fournissent des services environnementaux et socio-économiques (financée à 100 % par le budget UE) ;
  • un soutien complémentaire pour le conseil aux exploitations, le développement de la chaîne alimentaire, les innovations, les investissements structurels, le bio et la promotion (cofinancé par le budget national).

La fédération imagine un seul pilier avec un seul budget, entièrement orienté vers les résultats agroécologiques : les paiements de biens publics représentant 80 % de la dépense européenne à l’horizon de 2034. Et c’est une évidence, mais qu’il convient toujours de rappeler : les producteurs bio sont convaincus que le budget de la Pac doit rester substantiel après 2020.

Arielle Delest