À moins de trois semaines des élections présidentielles, Momagri a rappelé, lors d’une conférence de presse à Paris, ses propositions pour une Pac et une agriculture européenne plus cohérente. L’élément principal repose sur la régulation des marchés agricoles, à travers notamment des « contrats cycliques ». Ces derniers varieraient en fonction des prix du marché des productions agricoles, et permettraient ainsi de limiter la volatilité des cours, que Christian Pèes, président de Momagri, qualifie « d’insupportable » pour les agriculteurs comme pour l’aval.

Concrètement, les aides « contracycliques » proposées par Momagri permettraient, quand les prix sont bas, de compenser par le biais d’aides directes ou de politique de stockage, de sorte que le marché se rééquilibre. Selon Jacques Carles, délégué général, le budget de la « Pac Momagri » serait inférieur à celui de la Pac telle qu’elle existe aujourd’hui. Pourquoi ? « Elle ne coûte que lorsque le marché ne va pas bien », martèle-t-il.

© Momagri

Respecter le cadre budgétaire de la Pac

Problème, l’idée de Momagri repose sur un ajustement budgétaire, suivant l’état du marché. Un dispositif qui, sur le papier, va à l’encontre du cadre budgétaire de la Pac, parfaitement annualisé.

Mais Jacques Carles rappelle que seul le cadre financier pluriannuel (CFP) est encadré par un montant limité. Chaque année, le budget dépend de la division à parts égales de l’enveloppe pluriannuelle, pour sept ans. Mais rien n’oblige le budget à être égal au septième du CFP. Le plafond pourrait donc être fixé selon les perspectives de marché de l’année.

Momagri raisonne ses propositions sur les céréales, les oléagineux, et la production laitière. « Cela représente environ deux tiers du premier pilier », rappelle Christian Pèes. S’agissant de l’élevage allaitant, des fruits et légumes, et de la vigne, Momagri estime que les outils de la politique actuelle, bien qu’à améliorer, peuvent être reconduits.

Les candidats à la présidentielle plutôt favorables

« Les candidats à la présidentielle accueillent plutôt favorablement nos propositions, assure Christian Pèes qui précise avoir rencontré la quasi-totalité des équipes. Maintenant, cela suppose de prendre sur soi pour qu’au niveau européen, les décisions soient prises. Ça n’est pas forcément le cas aujourd’hui, car l’Europe est diverse, et il existe une pensée unique ancrée depuis trente ans. Il reste à voir si l’équipe qui passera sera capable de défendre le projet à Bruxelles. »

Hélène ChaligneJournaliste web