A l'initiative de la présidence polonaise de l'UE, les propositions de réforme législative sur la Pac post-2013 ont fait l'objet d'un débat le 7 novembre 2011 entre les députés européens, les ministres de l'Agriculture des 27 et la Commission européenne. Deux autres rencontres sont prévues d'ici à la fin de l'année.

Ce premier rendez-vous a permis de réaffirmer l'importance stratégique de l'agriculture dans l'économie européenne.

« Un secteur agricole solide et compétitif sur la scène internationale est l'un des éléments qui nous sortira de la crise actuelle », a déclaré le président du Parlement européen, Jerzy Buzek. Pour lui, il est aussi primordial de trouver « un équilibre pour l'ensemble des agriculteurs des 27 États membres, de petites et grandes exploitations, de régions centrales et isolées ».

Mais cet équilibre semble difficile à trouver : la proposition de passer progressivement à un système de paiement forfaitaire à l'hectare d'ici à 2019 a suscité la critique générale. Plusieurs ministres des États baltes et des députés tels qu'Alfreds Rubiks (Lettonie) ont déclaré que ce système ne permettrait pas de réduire assez rapidement les différences entre États membres. D'autres, en Irlande et en Espagne notamment, ont affirmé que le nouveau système causerait d'importants dégâts et des déséquilibres territoriaux.

Autre reproche fait à la proposition de la Commission européenne : renforcer la bureaucratie. Ministres et députés sont d'accord pour affirmer que « simplifier la Pac est l'élément clé de la réforme ». Sur le fond, une autre proposition fait l'unanimité des politiques : la mise en jachère de 7 % des terres agricoles. Le député européen George Lyon (Royaume-Uni) a insisté sur le fait que « nous ne devons pas nous écarter de l'objectif principal : nourrir la population ».

Le projet de subordonner jusqu'à 30 % des paiements aux agriculteurs aux mesures « écologiques » prises a également été critiqué. Pour beaucoup, « 30 %, c'est trop ».

Pour faire face aux nouveaux défis, les députés reconnaissent qu'il est de leur « responsabilité de présenter aux agriculteurs de nouveaux outils pour répondre aux nouveaux défis ». Or, pour le président de la commission de l'agriculture du Parlement européen, Paolo de Castro (Italie), « les mesures proposées par Ciolos continueront de réduire la production au lieu de la stimuler, accroîtront la bureaucratie pour les agriculteurs [...] et paraissent insuffisantes pour lutter contre la crise ». Il a averti : le Parlement « utilisera l'ensemble de ses pouvoirs pour s'assurer que la nouvelle politique agricole soit capable de relever les nouveaux défis à venir ».

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