A l'appel de la FNO (Fédération nationale ovine), les éleveurs ont manifesté, samedi, dans les grandes surfaces de huit grandes villes : Marseille, Lyon, Toulouse, Poitiers, Valence, Dijon, Rouen et Montargis. Leur but : dénoncer la concurrence déloyale de la viande néo-zélandaise.

« Les gigots d'agneaux congelés, en provenance d'Océanie, sont proposés à moins de 8 €/kg dans les étals », constate Patrick Soury, exploitant dans la région de Poitiers. Achetés par deux, ils reviennent même, dans certaines enseignes, à 4 €/kg. Très loin des 17 à 20 €/kg que coûte l'agneau français au rayon des produits frais.

« La viande importée se retrouve même parfois dans les étals en frais », précisent les manifestants. Ces morceaux de viande « chilled » sont restés jusqu'à seize semaines sous emballage en plastique. L'oxygène y est remplacé par du gaz carbonique. Le tout étant maintenu à une température comprise entre -1°C et 0°C. « Samedi, nous n'en avons pas trouvé dans les rayons », signale Rémi Benson, producteur dans le Sud-Est. Les actions de la Fédération avaient été rendues publiques depuis le début de la semaine dernière et les responsables soupçonnent les grandes surfaces d'avoir préparé leurs rayons.

« Il est urgent de clarifier l'orgine de la viande sur la barquette », indique Patrick Soury. Pour cela, la FNO demande aux pouvoirs publics de pouvoir apposer le logo « Viande ovine française », à l'image de ce qui existe déjà dans d'autres productions. « Nous offrons des garanties en termes de traçabilité supérieures à nos concurrents. Nous voulons que nos produits puissent être identifiés en un seul coup d'oeil. »

Marie-France Malterre