Il y a des drames qui resserrent les rangs, et celui l’Orne semble déjà en faire partie. Alors que les indices sur place laissent peu de doute sur les motifs de l’incendie, l’exploitant peut déjà compter sur le soutien des syndicats, des ministres et des chambres.

De toute part, on entend un seul mot d’ordre : si la piste criminelle est avérée, les coupables doivent être condamnés rapidement, et fermement.

Un acte prémédité pour les syndicats majoritaires

« Un acte rendu insupportable par des signes évidents d’une préméditation méticuleuse », c’est ainsi que la FNSEA, les JA et le CFA - Aviculteurs de France décrivent l’incendie violent ayant ravagé trois bâtiments dans l’Orne.

Les efforts de l’agriculture française

Le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, en visite sur l’exploitation d’Emmanuel Prévost, l’agriculteur dont les trois bâtiments avicoles ont été incendiés, s’est fait le relais de cette colère au micro de Ouest-France : « Ce n’est pas acceptable, jamais l’agriculture n’a fait autant d’efforts. »

L’élevage n’est pas la mort

En déplacement sur le site le 17 septembre au soir, le président de la chambre d’agriculture de la Normandie a lui aussi exprimé son soutien à l’exploitant par un tweet : « L’élevage, ce n’est pas la mort, c’est la vie de nos territoires ! »

La violence comme symbole d’un fossé pour la Confédération paysanne

La Confédération paysanne, qui prend régulièrement position contre l’élevage dit « industriel », partage elle aussi la consternation générale. Pour Nicolas Girod, porte-parole du syndicat, ce drame doit forcer le secteur agricole à s’ouvrir encore davantage.

« Nous condamnons évidemment ces incendies. On ne peut pas remettre en cause les paysans à cause de choix qui leur sont imposés par l’industrie et les politiques. Un nouveau seuil vient d’être franchi en matière de violence, qui nous force à nous réinterroger sur nos échanges avec la société. Plus on s’opposera, plus le monde paysan s’enfermera dans sa bulle, et moins on se connaîtra. »

Une vie de travail détruite

Du côté de la Coordination rurale, on rappelle que cette exploitation était une entreprise familiale, et que ces actes barbares sont synonymes de précarité et de détresse pour les exploitants.

Selon Bernard Lannes, président du syndicat, « ce sont des professionnels qui voient toute une vie de travail détruite sous leurs yeux, c’est inadmissible ! »

Ivan Logvenoff