Le 19 avril 2017, dans le cadre l’opération #OrigineConnue, l’ensemble du conseil d’administration de JA s’est rendu dans une grande surface du VIIIe arrondissement de Paris. Depuis le début du mois, plusieurs actions de ce type ont déjà eu lieu en province, pour s’assurer que les industriels de l’agroalimentaire respectent l’obligation d’étiquetage qui leur incombe depuis le 1er janvier 2017.

Munis d’une feuille de papier et d’un crayon, les JA ont listé les « défauts » de transparence de certaines marques. Car depuis le 1er avril, les industriels doivent étiqueter lisiblement l’origine du lait et de la viande dans les produits transformés. Selon JA, tous ne jouent pas encore le jeu. Certains entretiennent encore le flou de la provenance des ingrédients. C’est le cas d’un sandwich sous cellophane : le jambon est étiqueté « origine UE ». Pour Julien Caillard, agriculteur près d’Auxerre, « ce n’est pas suffisant. […] C’est légal, mais souvent l’origine UE cache le fait qu’il ne s’agit pas de viande française. »

Du beurre composé de… beurre

« Pour nous l’essentiel, c’est que les produits soient français », affirme Karen Chaleix, 33 ans, éleveuse de 60 vaches limousines près de Limoges. Dans les armoires réfrigérées du Monoprix parisien, les contrôleurs d’un jour notent avec satisfaction que des autocollants « poulets français » ont été ajoutés sur les blancs de poulet à la broche de Fleury Michon. Sur le bœuf, le label « origine France » ou « viande bovine de France » apparaît souvent.

Certains emballages vont jusqu’à préciser la race de l’animal. « Parfois ça va trop loin, on ne veut pas d’une guerre entre éleveurs de limousines et de charolaises », sourit Karen Chaleix. Au rayon des produits laitiers, c’est le beurre qui est dans le collimateur du syndicat. La plaquette Président, fabriquée par le groupe Lactalis, se contente de préciser que son produit est composé de… beurre.

« Sur l’ensemble du magasin, en viande comme en lait, la marque de distributeur Monoprix semble jouer le jeu de la transparence, félicite Samuel Vandaele, secrétaire général de JA. Quelques anomalies ont été décelées sur le porc, où l’origine est notée en “Union européenne”. »

Faire remonter les résultats aux fournisseurs

L’action s’est passée sans heurt, l’enseigne ayant été avertie la veille par le syndicat. « L’objectif, c’est juste de vérifier les emballages, il n’y aura pas de dégradation, assurait Samuel Vandaele à la directrice du magasin, dès son arrivée. Nous référençons l’ensemble des produits bien ou mal étiquetés, en un quart d’heure, et nous vous laisserons une copie, pour que vous puissiez la faire remonter aux fournisseurs. De notre côté, nous enverrons les informations à la DGCCRF. »