Les 20 et 21 novembre 2014, des experts de l'agriculture et de l'agroalimentaire étaient réunis à Orléans pour plancher sur un nouveau modèle de production. En plus des témoignages d'entrepreneurs venus des quatre coins du globe (Japon, Sénégal, Philippine, etc.) qui ont montré la diversité des systèmes, l'Open Agrifood a proposé un plan d'actions pour l'agriculture française jusqu'à l'horizon de 2030.

A qui ce plan est-il destiné ? « Aux acteurs de la filière. Mais si je suis un politique malin, je m'en empare pour changer notre modèle agricole », a lancé Emmanuel Vasseneix, PDG de la Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel et co-organisateur de l'évènement avec Xavier Beulin, président de la FNSEA et agriculteur dans le Loiret.

Agrifood 2030

Mise au point par la société Greenflex-BeCitizen à partir d'une quarantaine de témoignages de directeurs d'entreprises et d'instituts techniques, cette feuille de route dresse d'abord un constat.

Depuis quatre ans, les filières des bovins à viande, de la volaille, du porc et des fruits et légumes sont en perte de vitesse par rapport à nos voisins. Et bientôt la filière laitière, comme le prévoit Emmanuel Vasseneix : « Depuis trois ans, nous ne sommes pas bons. Il faut absolument que l'on se structure. »

Les clauses du déclin sont les lourdeurs administratives, le retard de compétitivité (en moyenne, une exploitation française investit deux fois moins d'une exploitation allemande), un manque de cohésion dans la filière et une inadéquation entre l'offre française et la demande intérieure et internationale.

Les filières en actions

L'Open Agrifood propose de créer un cadre économique favorable (revoir la répartition territoriale des productions et instaurer une économie circulaire entre les filières), de renforcer la cohésion des filières et d'améliorer les performances, de rapprocher l'offre française des marchés internationaux. Ces thèmes se déclinent en 8 leviers d'action.

« L'agriculture prend un virage. Il faut en être conscient. On ne se tourne plus vers les pouvoirs publics, mais vers le citoyen. Trois des quatre constats de déclin dépendent directement des acteurs de la filière. A eux d'être acteurs », a souligné Philippe Vasseur, ancien ministre de l'Agriculture et président du comité d'éthique d'Open Agrifood.

Lors de la conférence de clôture, le public a voté pour la réalisation de trois actions prioritaires qui seront développées à l'Open Agrifood 2015. Ces trois priorités sont : améliorer la connaissance des attentes des marchés nationaux et internationaux, définir des stratégies structurées de filière via des projets communs, et financer la modernisation des exploitations agricoles et des outils de transformations.

Aude Richard