Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, estime que les conditions sont «enfin réunies» pour obtenir un accord en juin sur le cycle de Doha, dans un entretien au journal Libération publié vendredi.

Interrogé pour savoir s'il pense aboutir en mai sur ce cycle démarré en 2001, M. Lamy répond: «Je dirais plutôt en juin pour un accord sur plusieurs points essentiels pour passer à la conclusion avant la fin de l'année.»

Selon lui, «les conditions politiques et techniques sont enfin réunies sur trois sujets-clés: subventions agricoles, droits de douane agricoles et industriels».

L'OMC a soumis mardi à ses 152 Etats membres de nouvelles propositions en matière agricole et industrielle.

Les pays en développement avaient dénoncé un déséquilibre dans les dernières versions des textes publiés en février.

Selon eux, les demandes d'ouverture de leurs marchés pour les produits industriels des pays riches étaient trop importantes en comparaison des concessions exigées des pays du Nord pour abaisser leurs subventions agricoles.

«Les pays d'Afrique subsaharienne ont encore la possibilité d'appliquer des tarifs douaniers de 60% à 80% pour les produits agricoles dans le cadre de l'OMC. Ils appliquent environ 20% en moyenne. Leurs marges de manoeuvre existent», affirme Pascal Lamy à Libération.

«Si le raisonnement à Bruxelles ou à Tokyo, c'est qu'on nourrira la planète via des subventions ou des superprotections dans les pays riches, cela ne convaincra guère les pays pauvres», estime-t-il aussi.

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