Le ministre brésilien des Relations extérieures, Celso Amorim a appelé les pays riches à plus de réalisme, les accusant de vouloir vendre au prix fort aux pays émergents un accord au rabais à l'OMC jeudi, lors d'une conférence de presse.

«La première chose que nous demandons c'est que les subventions (agricoles) soient considérablement réduites; la deuxième, c'est qu'on ne nous demande pas de payer trop cher pour une voiture d'occasion», a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion ministérielle de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques).

Celso Amorim faisait référence aux baisses de subventions agricoles offertes par les pays riches dans le cadre des négociations du cycle de Doha à l'OMC, et qu'il juge trop peu ambitieuses par rapport aux baisses de droits de douanes demandées aux pays émergents sur les produits industriels.

«On ne peut payer la même chose pour une voiture neuve et pour une voiture d'occasion», a-t-il dit, poursuivant sa métaphore, et rappelant qu'il y a deux ans, les discussions portaient sur un accord bien plus ambitieux.

«C'est dans le domaine agricole que se concentrent les principales entraves au commerce mondial», a-t-il assuré.

Malgré tout, le ministre brésilien s'est montré optimiste sur la possibilité d'atteindre un accord «en juin ou en juillet», sur les deux thèmes les plus importants du cycle de Doha, l'agriculture et les biens industriels.

Les pays importateurs de produits agricoles du G10 ont quant à eux réclamé jeudi des progrès dans les négociations sur la libéralisation du commerce des produits industriels, bloquées faute de convergence avec les pays émergents.

Les ministres du G10 se sont dits cependant engagés en faveur d'une réussite du cycle de négociation de Doha.

Le G10, qui rassemble des pays qui protègent fortement leur agriculture, comme le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, la Suisse ou la Norvège, a estimé que «des progrès ont été faits en matière agricole». Les ministres ont cependant réitéré leur opposition à un plafonnement des droits de douane et demandé à pouvoir protéger certains «produits sensibles» de la concurrence étrangère.