Si la Confédération paysanne se félicite de la demande du gouvernement français d'interdire le maïs Mon 810 en Europe, elle souligne aussi ses craintes sur sa solidité juridique.

« Afin de se prémunir contre toute possibilité d'annulation de l'interdiction du Mon 810 », le syndicat propose donc de « prendre immédiatement une mesure conservatoire nationale d'interdiction de culture du Mon 810, sans attendre la réponse de la Commission qui pourrait arriver après le début des semis » et d'« interdire la commercialisation des semences Mon 810 qui continuent à être distribuées dans les exploitations et seront prochainement semées légalement si l'interdiction de culture venait à être annulée. »

A l'opposé, l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV) estime que « la France sacrifie ainsi sa recherche sur les biotechnologies ». « Notre pays s'engage dans la voie d'une longue hibernation de sa recherche alors que l'avenir annonce une explosion sans précédent d'innovations issues des biotechnologies végétales, comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis mais aussi en Amérique du Sud, en Chine et en Inde », déclare le professeur Fellous, président de l'AFBV.

« Cette interdiction aura aussi des conséquences négatives pour l'avenir des filières agricoles et agro-industrielles, estime l'AFBV, et notamment des distorsions de concurrence sur des marchés de plus en plus mondiaux. Qui plus est, ces plantes génétiquement modifiées pourront être largement importées. »

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F.M.