La Commission européenne va relancer la semaine prochaine le débat sur les OGM en proposant de débloquer les autorisations de culture dans l'UE, mais l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a déploré, mardi, l'absence d'évaluation scientifique sur leur utilité.

L'Efsa, dirigée par une Française, Catherine Geslain Laneelle, est la cible de toutes les critiques, car la Commission européenne justifie ses décisions controversées concernant les produits transgéniques sur ses avis.

« Nos avis sur les OGM portent exclusivement sur les risques pour la santé et l'environnement, pas sur l'utilité » des produits, a souligné Catherine Geslain Laneele.

« D'un point de vue scientifique, il est difficile d'admettre qu'un produit ou une technologie présente seulement des risques et qu'un examen ne soit pas mené sur son utilité », a-t-elle commenté.

« Or, si les consommateurs voient peut-être les risques pour les OGM, ils n'en voient pas l'utilité », a-t-elle souligné, jugeant que cela pourrait être une des causes de la défiance exprimée dans l'UE où seulement deux OGM sont autorisés à la culture.

L'Efsa pourrait mener cette évaluation, comme elle le fait pour les pesticides, « mais on ne le fait pas, car on ne nous le demande pas », a-t-elle insisté.

La directrice de l'Efsa a également défendu l'indépendance des avis rendus par l'agence, souvent mise en cause.

Elle entendait ainsi réagir à l'annonce faite la veille par le commissaire européen à la Santé, John Dalli, chargé du dossier des OGM. « Un audit sera réalisé a posteriori sur toutes les personnes qui ont participé aux panels pour vérifier leur indépendance », a-t-il affirmé.

L'Efsa fait valoir qu'elle a institué des procédures très strictes pour éviter tout risque de conflit d'intérêts et les panels sont composés de 21 experts.

« Un consultant indépendant a été chargé cette année d'évaluer la mise en oeuvre des ces règles », a-t-elle précisé.

« On peut toujours faire mieux et toujours faire plus », a-t-elle reconnu. Mais « on ne peut pas considérer qu'un expert qui a travaillé un jour pour l'industrie ne peut plus être éligible pour une structure comme l'Efsa, car sinon nous n'aurons plus d'experts », a-t-elle averti.

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