Des apiculteurs européens, rassemblés depuis jeudi en congrès à Agen (Lot-et-Garonne), ont manifesté leur inquiétude quant aux conséquences des OGM sur les abeilles et d'un projet européen visant à concilier apiculture et production de maïs transgénique.

En marge d'une table-ronde sur les OGM, organisée pour l'ouverture du Congrès, Jean-Marie Sirvins, vice-président de l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française), a jugé que les plantes génétiquement modifiées « sont néfastes pour les abeilles ».

« Les OGM favorisent la monoculture à grande échelle et donc éliminent la biodiversité nécessaire aux abeilles », a-t-il ajouté.

Selon l'Unaf, plus de 300.000 signatures ont déjà été obtenues pour sa pétition visant à obtenir le non-renouvellement de l'autorisation de culture du maïs OGM Mon 810 de Monsanto, qui intervient alors qu'en mars l'ex-ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire (UMP), l'avait interdite temporairement.

Au-delà, les participants venus d'Allemagne, de Pologne ou encore d'Espagne ont évoqué les risques d'une modification, dans le cadre de la Pac, de la directive sur le miel. La modification viserait, selon eux, à concilier les intérêts des apiculteurs et ceux des producteurs de plantes génétiquement modifiées.

Selon les apiculteurs, la Commission européenne envisagerait notamment de lever l'obligation d'information du consommateur sur la présence d'OGM dans du miel contaminé après avoir été produit par des abeilles dont les ruchers seraient trop proches, notamment, de champs de maïs génétiquement modifié.

Ce projet, estime l'Unaf dans un communiqué, serait « une exception incompréhensible au droit à l'information de chaque consommateur ».

Il permettrait surtout « d'éviter de se poser l'épineuse question de la protection des apiculteurs contre les OGM ».

« Parfois, on espace les cultures traditionnelles ou bio de celles de plantes OGM de quelques centaines de mètres. Mais les abeilles n'en ont rien à faire. Elles peuvent faire plusieurs kilomètres pour butiner », a aussi expliqué Manuel Izquierdo, un apiculteur venu d'Andalousie (Espagne).

« C'est pour cela qu'il faut interdire les cultures OGM. L'abeille est faite pour transporter du pollen d'une plante à l'autre. »

Plusieurs milliers d'apiculteurs et les représentants de syndicats européens du secteur sont attendus à Agen jusqu'à dimanche, pour ce premier congrès européen, espérant peser sur des sujets vitaux pour cette profession menacée par la surmortalité des abeilles.

Selon l'Unaf, le taux de mortalité est passé de 5 à 30 % chez les abeilles en une quinzaine d'années.