L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), basée à Parme en Italie, a estimé vendredi que la clause de sauvegarde invoquée par la France pour suspendre la culture du maïs génétiquement modifié Mon 810 de Monsanto n'était pas justifiée.

«Après avoir analysé les informations fournies par la France pour justifier sa clause de sauvegarde», l'Efsa a conclu que ces documents «ne présentent pas, en termes de risques pour la santé humaine et animale ou l'environnement, de nouvelles preuves scientifiques» sur un éventuel danger que ce maïs présenterait, indique un communiqué.

«Aucune preuve scientifique spécifique n'a donc été avancée, en termes de risques pour la santé humaine et animale ou l'environnement, pour justifier l'invocation de la clause de sauvegarde», conclut l'Efsa.

La France avait déposé à la Commission européenne en février une «clause de sauvegarde» lui permettant de suspendre la culture du maïs OGM Mon 810 et Bruxelles avait demandé le même mois un avis à l'Efsa sur les mesures françaises. La Commission européenne doit statuer sur la question, après l'avis formulé par l'Efsa.

L'AGPM (Association générale des producteurs de maïs) s'est satisfaite, vendredi, de cet avis. «Ce n'est pas une surprise, car le dossier était vide», estime Luc Esprit, directeur du syndicat pour lequel l'invocation de la clause de sauvegarde était «une décision politique». L'AGPM entend désormais sensibiliser les politiques à Bruxelles pour le renouvellement de l'autorisation décennale au niveau européen du Mon 810. Elle compte aussi demander au gouvernement français que soit autorisée à nouveau la culture du maïs Mon 810 en France.

En revanche, Greenpeace estime que la décision de l'Efsa a été prise «en dépit du bons sens», dans un communiqué paru vendredi. Cette décision «grave qui pourrait ouvrir la voie à la ré-autorisation de ce maïs en France», a été prise «au mépris des doutes sérieux soulevés par les études scientifiques», indique l'organisation. Pour Greenpeace, «c'est une nouvelle preuve de l'incapacité de cette agence et de la nécessité de la réformer».

I.E.