« Ça m’inquiète cet après-midi, on n’en voit pas. Pourtant ce matin ils s’envolaient par voliers entiers », explique Hervé Marie, président du GDS de la Manche et éleveur laitier à Houtteville, en regardant par la fenêtre. Pourtant, ils sont là, autour du silo d’ensilage, dans les auges des vaches, sur les arbres alentour. Ils sont là depuis la mi-octobre et resteront jusqu’au début d’avril.

Ensilages et champs de blé visés

Sur la liste des dégâts, l’ensilage figure en première position. « Ils viennent manger les grains de maïs dans les auges, expliquent Hervé Marie. Avec les fientes, ils souillent l’ensilage et les vaches ne mangent plus. » Hervé estime les pertes liées à cette dégradation de l’alimentation à 2 litres de lait par vache et par jour.

« En plus, il faut monter et descendre le filet sur le silo d’ensilage à chaque fois qu’on nourrit les vaches », peste-t-il. Autre front d’attaque des étourneaux : les parcelles de blés. « Quand on sème, ils viennent faire des trous dans la terre pour manger les graines, déplore Hervé Marie. Ma parcelle a perdu 40 % de sa capacité de production. »

En tant que président du GDS, l’éleveur est particulièrement bien placé pour s’inquiéter des conséquences sanitaires de la situation. « Les étourneaux viennent dans une stabulation ou dans une prairie et se posent dans les bouses, puis ils vont dans une autre exploitation. Il y a peut-être un risque de transmission de maladie », explique-t-il.

Une concentration d’oiseaux impressionnante

« On pourrait vivre avec quelques centaines d’étourneaux, mais pas des milliers », s’énerve Hervé Marie. Et d’ajouter que si ces oiseaux sont si nombreux dans le département, c’est à cause des tourbières de Baupte. « Ils nichent la nuit dans les bosquets au milieu de l’eau, d’où ils sont indélogeables », analyse-t-il. Pire, avec la géographie dans la presqu’île de la Manche, les oiseaux sont bloqués à l’est et à l’ouest par la mer et reviennent à la tourbière.

Pour le président du GDS, il faudrait raser ces zones arborées l’été quand les étourneaux ne sont pas là. Problème, la zone, ancien secteur d’extraction de tourbe, a été classée en réserve naturelle. « Il faut maintenant une décision politique, quand une réglementation ne convient plus, il faut la faire évoluer », répète-t-il.

En attendant agriculteurs et chasseurs ont créé une plateforme pour que les premiers puissent permettre au second de chasser les étourneaux sur leurs exploitations. « Mais il faut avoir le temps pour chasser », regrette Hervé Marie. Pour lui, cette solution temporaire n’est pas inutile mais reste largement insuffisante.

Tanguy DhelinJournaliste web
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé connaît un petit rebond, soutenu par des appels d’offres

Les prix du blé étaient légèrement dans le vert, mercredi en fin de journée, soutenus par plusieurs appels d’offres et par des nouvelles favorables en provenance du Maroc.