Après la FNSEA et le Modef, le nouveau ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a clôturé hier soir ses rencontres avec les syndicats.
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Après la FNSEA et le Modef, le nouveau ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a clôturé hier soir ses rencontres avec les syndicats.

« Un ministre compréhensif »

Au lendemain de son entretien, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale (CR), confie qu’il a rencontré « un ministre qui semble à l’écoute mais qui doit encore prendre conscience des dossiers ». Son cabinet ne serait pas encore complètement constitué aujourd’hui.

Concernant la demande du syndicat « d’exonération de la taxe foncière et la possibilité de s’approvisionner en carburant 100 % détaxé » pour les exploitants touchés par la sécheresse, le ministre a simplement pris acte. « On avait un ministre compréhensif mais qui n’avait pas encore de solutions à proposer. » Sur la réintégration des syndicats au Haut-conseil de la coopération agricole (HCCA) réclamée par la CR, Didier Guillaume a pu en revanche assurer que la question sera réglée dans les « prochaines ordonnances ».

Peur des conséquences de la sécheresse

Plus tard dans la soirée, c’est la Confédération paysanne qui était reçue par le ministre. L’entrevue, qui a duré plus d’une heure, a été l’occasion d’aborder tous les sujets chauds du moment, notamment la sécheresse.

Le syndicat a demandé que soient recensées toutes les ressources fourragères disponibles en France afin d’organiser le marché. « Les stocks vont se finir très tôt, on s’attend à de gros problèmes en janvier, cela nous fait très peur », a confié Laurent Pinatel, qui souhaite « organiser quelque chose » pour éviter que « des gens se retrouvent tous seuls dans leurs granges vides, avec des animaux qui hurlent… »

La Confédération paysanne propose « une mise en réseau et une veille de la part de tous les acteurs qui passent dans les fermes, comme les vétos, les agents de la MSA » pour avoir un œil sur les situations de détresse. Elle a en outre demandé au ministre de prévoir « la prise en charge par l’État de l’appel de cotisation de MSA du début d’année, car il faudra libérer de l’argent pour avoir du fourrage ». Convaincu que le fourrage, de toute façon, viendra à manquer, Laurent Pinatel suggère également de pouvoir taper ponctuellement dans les stocks de maïs destinés à la méthanisation.

Restaurer l’esprit du discours de Rungis

Parmi les autres sujets abordés, le dispositif censé remplacer le Tode (exonération de charges pour les salariés saisonniers) et la loi sur l’agriculture et l’alimentation, pour laquelle la Confédération paysanne compte sur les ordonnances à venir pour « restaurer un peu l’esprit du discours de Rungis ».

La Pac a été abordée brièvement, en attendant que le ministre et son cabinet se soient davantage saisis du dossier. Didier Guillaume connaît en revanche très bien le sujet de la prédation, et « reconnaît que la situation est intenable », salue Laurent Pinatel.

Faire coexister deux systèmes ?

Lui et Nicolas Girod ont aussi évoqué leurs craintes que des milliers de fermes à céder dans les années à venir ne puissent être reprises. Ils ont insisté de façon plus globale sur « la nécessité d’accompagner l’agriculture vers des systèmes plus résilients », sans s’en remettre uniquement aux assurances privées.

Le ministre leur a paru « plutôt à l’écoute ». « Venant de la Drôme, il a fait valoir que son département est déjà bien engagé dans la transition écologique, reconnaît Laurent Pinatel. Mais il pense que cela peut coexister avec un système davantage tourné vers l’exportation. Nous lui avons dit que l’un des deux systèmes prendrait toute la place et boufferait l’autre, notamment en termes d’aides publiques. »

Par souci d’agenda, Didier Guillaume n’a pas encore rencontré Jeunes Agriculteurs (JA). Un rendez-vous est prévu « la semaine prochaine », a précisé son président, Jérémy Decerle.

Bérengère Lafeuille et Alexis Marcotte