L'extension des zones vulnérables à 3.800 communes supplémentaires, annoncée jeudi matin à la profession, « n'est qu'une nouvelle tentative afin d'éviter une amende de l'Union européenne. Cela risque d'accentuer la forte incompréhension sur le terrain et n'apporte toujours pas de réponse cohérente au problème des nitrates », explique la Confédération paysanne, jeudi dans un communiqué.

« Ces nouvelles extensions concernent essentiellement des zones de polyculture-élevage. De nombreux paysans, qui ne l'ont pas prévu, auront donc à se mettre aux normes. Or les possibilités de financement pour permettre ces ouvrages sont très incertaines », explique le syndicat agricole.

« Bien que les financements dans les nouvelles zones soient réglementairement possibles, ils devraient se faire majoritairement par les aides à la modernisation du second pilier de la Pac, mis en oeuvre par les Régions. Les programmes de développement rural des Régions sont quasi bouclés et il y a fort à parier que celles-ci n'ont pas prévu ces financements supplémentaires et auront de grandes difficultés à les assurer. En outre, la plupart des arrêtés régionaux des cinquièmes programmes d'actions nitrates viennent juste d'être signés. Faudra-t-il tout recommencer ? », s'interroge la Confédération paysanne.

« Nous ne pouvons que dénoncer l'inertie des pouvoirs publics et du syndicat majoritaire qui, depuis la mise en oeuvre de la directive européenne en 1991, n'ont pas voulu prendre le problème de la pollution par les nitrates à bras le corps, ajoute la Confédération paysanne. Les paysans se retrouvent à devoir mettre en oeuvre ces mesures et s'ils ne le peuvent pas faute de financements, à disparaitre. L'application française de la Pac et la loi d'avenir agricole auraient pu être les leviers d'une solution cohérente. La réduction des pollutions agricoles, que ce soit pour les nitrates ou les pesticides, ne pourra passer que par des encouragements efficaces aux changements de pratiques. »