Dans un avis relatif « aux risques que présentent les insecticides à base de substances de la famille des néonicotinoïdes pour les abeilles et les autres pollinisateurs dans le cadre des usages autorisés de produits phytopharmaceutiques », l’Anses (Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire) vient de recommander au gouvernement des restrictions d’usage sur céréales d’hiver.

Le 24 juin 2015, l’agence avait en effet été saisie, par les ministres de l’Écologie, de la Santé et de l’Agriculture, d’une demande d’avis relatif aux risques que présentent les insecticides à base de néonicotinoïdes pour les abeilles et les autres pollinisateurs.

Pour les usages en traitement de semences sur une culture non attractive, l’Anses propose de limiter l’implantation de cultures suivantes à des cultures non attractives pour les abeilles et les autres pollinisateurs.

L’Anses recommande par ailleurs pour les semences enrobées de céréales d’hiver la limitation du semis à des parcelles ne se situant pas à proximité de zones non cultivées adjacentes en fleurs, à des périodes où la température ambiante n’est pas durablement compatible avec l’activité des butineuses.

Un enjeu du projet de loi sur la biodiversité

« Bien que les risques pour les abeilles soient considérés par l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) comme négligeables du fait de la faible probabilité de présence de plantes en fleur à proximité des parcelles au moment du semis, on ne peut exclure dans certaines conditions climatiques particulières (température élevée pour la saison, ensoleillement) une exposition potentielle des abeilles et des autres pollinisateurs, développe l’agence. Ces situations spécifiques pouvant être présentes en particulier lors d’automnes doux, elles justifient des mesures de gestion additionnelles. »

« L’Anses préconise des restrictions d’usage de semences enrobées, y compris pour les céréales d’hiver, qui s’avèrent difficiles à mettre en œuvre. Le projet de loi sur la biodiversité qui sera examiné les 19, 20 et 21 janvier prochains au Sénat en débattra », précise dans un communiqué de presse du 12 janvier 2015 Ségolène Royal, ministre de l’Écologie.

C.Fr