Les céréaliers affirment avoir besoin de temps pour trouver des alternatives aux néonicotinoïdes. Pour Rémi Haquin, président du conseil spécialisé de la filière céréalière à FranceAgriMer, rencontré par l’AFP, « une interdiction totale est une absurdité totale ». Il demande aux législateurs de considérer les substances actives de la famille des néonicotinoïdes au « cas par cas, molécule par molécule et culture par culture ».

« Si nous devons revenir aux méthodes des années quatre-vingt-dix pour traiter les récoltes, nous devrons faire des pulvérisations de pyréthrinoïdes qui finissent par être beaucoup plus dommageables que les néonicotinoïdes, entre autres pour l’environnement de la plante », a-t-il ajouté.

Proposition d’amendement

Les céréaliers se sont déclarés d’accord mardi pour une interdiction des insecticides à base de néonicotinoïdes dans les cultures à compter du 1er septembre 2021, au cas par cas, et uniquement après avis scientifique de l’Anses.

Cette proposition est incluse dans un texte prérédigé par la profession, de l’article 51 quaterdecies du projet de loi sur la biodiversité, dont l’AFP a obtenu copie alors que le texte arrive en troisième lecture à l’Assemblée nationale. Elle est semblable au dispositif d’encadrement de l’utilisation des néonicotinoïdes votés par les sénateurs le 12 mai dernier, et s’en différencie par l’ajout d’une date butoir.

Crainte de distorsion de concurrence

Pour Vincent Laudinat, directeur général de l’Institut technique de la betterave, une interdiction totale du produit en 2018 équivaudrait à une « distorsion de concurrence » avec la production en Grande-Bretagne, entre autres, et risquerait de mettre à mal toute la filière sucrière française.

« L’utilisation de semences enrobées de néonicotinoïdes revient à 15-20 euros par hectare, et si j’ai besoin de les remplacer par trois passages d’aspersion, le coût est compris entre 75 à 90 euros l’hectare, pour un rendement inférieur de 6 à 9 % », a-t-il affirmé.

A. Cas. avec l’AFP