L'interdiction le 19 mars 2015 par l'Assemblée nationale en première lecture de la loi sur la biodiversité, contre l'avis du gouvernement, des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, à compter de janvier 2016, fait réagir.

Dans un communiqué du 19 mars, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme a « salué les avancées (sur la prise en compte de la santé des abeilles, ndlr) tout en ayant bien conscience des questionnements que pose la mise en place d'un tel moratoire national. » Elle demande ainsi « au gouvernement maintenant de traduire ce cap ambitieux en actes. »

Par ailleurs, l'organisation « prend acte positivement » de l'engagement du gouvernement au niveau européen pour mettre en révision, dès cette année, l'interdiction des trois substances précédemment interdites ainsi qu'un élargissement à d'autres substances. »

Même son de cloche à l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française), qui « salue le vote courageux et responsable des députés ». Gilles Lanio, président de l'Unaf, pointe « l'incohérence du gouvernement et du ministre de l'Agriculture qui prétendent défendre les apiculteurs français et se sont opposés à cet amendement. »

En revanche, pour Bayer CropScience qui commercialise l'imidaclopride et la clothianidine, deux des trois matières actives concernées par le moratoire (la troisième, le thiaméthoxam est produit par Syngenta), l'adoption de cet amendement par les députés est « malheureusement un nouvel exemple de la volonté de surréglementation du gouvernement français qui frappe une fois encore la profession agricole. » « Je reste persuadé de l'utilité de nos produits, et notamment les néonicotinoïdes, pour les agriculteurs mais aussi plus globalement pour la compétitivité de la ferme France, soutient Franck Garnier, directeur général de Bayer CropScience en France. De nombreuses études s'accordent sur le fait que la mauvaise santé des abeilles est due à des causes multifactorielles et ne peut être seulement imputée à l'utilisation des pesticides en agriculture. »

Précisant qu'elle n'a « pas attendu la situation préoccupante de ces dernières années pour s'engager dans l'amélioration de la santé des abeilles », la firme phytosanitaire appelle « de ses voeux une décision fondée sur des faits scientifiques et vérifiés » et se dit confiante » que les responsables politiques, au-delà de la dimension émotionnelle de ce sujet, sauront faire preuve de bon sens durant l'examen du texte de loi contenant cet amendement au Sénat, puis lors de la deuxième lecture. »

I.E.