L'Assemblée nationale a voté jeudi, contre l'avis du gouvernement, l'interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes.

Les socialistes Gérard Bapt et Delphine Batho qui ont présenté cet amendement au projet de loi sur la biodiversité estiment que cette famille a des « effets toxiques scientifiquement prouvés à la fois sur les insectes pollinisateurs mais aussi sur les sols, l'eau, et sur la santé humaine ». Ce projet de loi devra encore passer au Sénat pour être définitivement adopté.

Défavorable à la mesure, au motif notamment que « le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte », la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a fait valoir en détail le travail engagé par le gouvernement sur les pesticides, y compris le plan sur la sauvegarde des pollinisateurs sauvages et des abeilles, et les discussions au niveau européen.

Le mercredi 4 février, les sénateurs avaient voté contre (à 248 voix contre et 64 pour) une proposition de résolution initiée par Joêl Labbé, « relative à la préservation des insectes pollinisateurs, de l'environnement et de la santé et à un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes ».

En 2013, trois substances de cette famille d'insecticide (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxam) ont été provisoirement interdites pour une durée de deux ans sur les cultures de maïs, colza, tournesol, coton et céréales à paille semées au printemps. Cette interdiction faisait suite à un avis de l'Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), reconnaissant la dangerosité de ces substances pour les abeilles.

F.M.