C’est l’enjeu de la deuxième année d’application de la loi Egalim  : à quelques heures de la fin des négociations commerciales annuelles entre distributeurs, agriculteurs et industriels, les acteurs multiplient les gestes de bonne volonté mais il reste difficile de rééquilibrer le partage des marges entre les acteurs.

« On est en avance par rapport à l’an dernier : il ne nous reste plus que 15 % du chiffre d’affaires qui n’est pas encore signé, c’est beaucoup moins qu’en 2019 », affirmait mardi le patron d’Intermarché, Thierry Cotillard.

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Moins tendues que l’an dernier

Pour lui, les discussions au sein des fameuses « box », où se négocient les prix des produits mis en rayons pour l’année à venir, sont « moins tendues que l’an dernier ». Des consignes très claires ont été données aux acheteurs, « en menaçant de sanctions en interne si le code de conduite n’était pas respecté ».

Gaëlle Toussaint-David, avocate spécialiste de la distribution au sein du cabinet PwC, le confirme : « Les années passant et les autorités de contrôle ayant tapé du poing sur la table pour que les choses se régulent, les négociations se passent de manière plus équilibrée dans les box. »

La FNSEA avait reconnu, juste avant le Salon de l’agriculture, les progrès de la distribution pour mieux valoriser le lait cette année.

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Le problème des produits festifs

Mais pour Michel Biéro, directeur exécutif des achats et du marketing de Lidl France, la transparence n’est pour l’instant qu’une belle promesse et la loi Egalim « une coquille vide » : « Le consensus historique trouvé avec l’ensemble de la filière a été largement dévoyé. » Une critique partagée par la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF) qui a demandé jeudi « la suppression immédiate du dispositif expérimental d’encadrement en volume des promotions de 25 % ». Elle juge cet arrêt nécessaire « pour assurer la pérennité du tissu industriel des PME françaises et atteindre l’objectif d’Egalim de revalorisation des revenus agricoles ».

Ce constat est particulièrement préoccupant pour les produits festifs, tels que foie gras ou champagne, qui « constatent une baisse de chiffre d’affaires en moyenne de 30 % » depuis la loi.

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La répression des fraudes sanctionne

Dans tous les cas, promet Thierry Cotillard, Intermarché ne sera pas cette année dans le rush de la dernière minute. L’année dernière, il avait dû conclure des contrats au-delà de la date butoir du 1er mars. Cette pratique était jusqu’à présent tolérée. Mais la Répression des fraudes (DGCCRF) a désormais décidé de la sanctionner. Au début de février, elle annonçait des amendes pour un total de plus de quatre millions d’euros à l’encontre de trois distributeurs pour non-respect des règles. Selon Me Toussaint-David, cette sanction joue comme un rappel à l’ordre, vu la date à laquelle elle est sortie et le fait que ça concerne les négociations post-Egalim .

Dans un entretien jeudi aux Échos, Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, qui a écopé de la plus lourde amende, a estimé qu’en ne sanctionnant que l’un des cocontractants, l’Administration déséquilibre indûment les négociations.

Avec l’AFP