Lors d’une conférence de presse le 24 juin à Paris, la Fnams (Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences) a mis en avant la forte progression des surfaces de production de semences fourragères en 2017. Une hausse notamment tirée par les légumineuses. À la fin de mars 2017, les surfaces de légumineuses semences atteignaient ainsi 34 500 ha (source Gnis) pour les petites graines (luzerne, trèfle…) (29 500 ha en 2016) et 1 400 ha pour les légumineuses à grosses graines (pois fourrager…). Les graminées porte-graines représentent 11 800 ha. Soit un total d’environ 48 000 ha déjà à la fin de mars, qui devrait être encore revu à la hausse étant donné que les contrats n’ont pas encore été tous enregistrés. En 2016, les surfaces de semences fourragères atteignaient 46 500 ha.

Plan protéines et SIE

« Cette dynamique observée sur les légumineuses est essentiellement liée au plan protéines et aux surfaces d’intérêt écologique (SIE) », a indiqué Jean-Noël Dhennin, président de la Fnams. Mais la volonté de Bruxelles d’interdire les produits phyto sur les SIE dans le cadre de la simplification du verdissement de la Pac inquiète la Fnams. « Cela pourrait faire retomber la dynamique et tirer à la baisse les surfaces de légumineuses porte-graines », estime le président.

Production de semences de tournesol en sursis

Autre culture concernée par la hausse des surfaces de multiplication : le tournesol qui progresserait de 32 % en 2017 par rapport à l’année précédente, à 18 000 ha (chiffre Anamso). Cette hausse est liée à la forte demande à l’exportation vers les pays de l’Europe de l’Est. Mais là aussi, cette production a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En effet, le diquat, matière active utilisée comme dessiccant en fin de cycle sur les cultures porte-graines (produit Réglone) est sur la sellette au niveau européen. La substance active est en cours de révision mais la décision a été reportée en 2018. Sa réhomologation est loin d’être acquise, « ce qui aurait un gros impact sur la production de semences de tournesol », affirme Jean-Albert Fougereux, directeur technique de la Fnams. Car cette espèce ne supporte pas la technique de l’andainage qui peut être utilisée pour certaines cultures porte-graines à la place du dessiccant chimique.

Face à ces contraintes de production qui pèsent à court et moyen terme sur les facteurs de production (disparition de molécules phyto, pression sur la ressource hydrique, gestion de l’environnement des cultures porte-graines), la Fnams mise sur l’innovation. « Semences 3.0 : innover pour s’adapter », tel est le thème du congrès le 9 juin à Nîmes, où il sera question de robotique, produits de biocontrôle et d’agriculture numérique, appliqués aux cultures dites « mineures ». « Il y a aussi beaucoup à attendre en matière de binage très précis de ces cultures porte-graines », détaille Jean-Albert Fougereux.

I.E.