La marche rouge, de la couleur des tee-shirts portés par les manifestants, a rassemblé entre 3 000 et 4 000 personnes le 8 juin 2019 selon les organisateurs, 2 300 selon la police. Elle s’est élancée en début d’après-midi de la place de la République au bruit des tambours et aux cris de « Stop au cauchemar, fermons les abattoirs » ou de « Assez, assez, assez de sang versé ! »

Plusieurs associations présentes

Poules, canards, oies, vaches et porcs ornaient les pancartes, sur lesquelles on pouvait lire : « Derrière chaque morceau de viande, il y a un être sensible. » Des drapeaux du Parti animaliste et d’associations de lutte pour le bien-être animal, comme Action Antispéciste ou One Voice, étaient également agités dans le cortège.

Les arguments antispécistes

« On est là pour dire que ce n’est pas parce qu’un individu est différent de nous qu’il a moins de valeur. Aujourd’hui, notre plaisir gustatif a plus de valeur que la vie animale », a déclaré à Hugo Bouxom, référent pour l’Île-de-France de l’association L214.

« La question du bien-être animal fait aujourd’hui consensus. C’est le moment de légiférer, d’abolir les pires pratiques comme l’élevage de poules en cage ou les temps très longs de transport des animaux dans les bateaux, les camions », a-t-il ajouté.

Marianne aspergée avec du faux sang

Également présents à la marche, des militants animalistes de « Boucherie Abolition », qui se bat pour l’abolition de l’élevage, en dénonçant un « holocauste », « un crime pour l’humanité » ou encore « un génocide ».

Un peu plus tôt, la statue de Marianne qui trône au centre de la place de la République avait été aspergée de faux sang par une dizaine de militants antispécistes, interpellés dans le calme par les forces de l’ordre.

Selon LCI, six militants anti-élevage de l’organisation Boucherie Abolition ont été interpellés et ce lundi 10 juin 2019. Ils seront jugés le 19 novembre pour dégradation de bien public en réunion. Ils dénoncent une répression « disproportionnée ».

En mai, des militants de l’association ont été interpellés et placés en garde à vue après des vols et dégradations commis dans plusieurs élevages agricoles, lors d’une action visant à libérer des animaux.

« Nous portons plainte pour usage de violence policière, pour atteinte à la liberté d’expression, pour crime de séquestration, d’eugénisme, de viol, d’engraissement… », a égrené Solveig Halloin, porte-parole, lors d’un point de presse dans la matinée.

Depuis plusieurs mois, les actes de vandalisme se multiplient également contre des boucheries et commerces de bouche. Trois et six mois de prison avec sursis ont été requis mardi contre deux militants antispécistes jugés pour l’agression d’un boucher bio au début de mai à Paris.

AFP