Sauf dans le Nord, les moissons sont terminées. Les pluies de juin et juillet ont entrecoupé les chantiers et fait perdre l'avance prise au printemps. En revanche, la pluie, alliée à des températures fraîches, a souvent permis aux cultures de se « refaire ». Au final, les résultats sont moins décevants que prévu au plus fort de la sécheresse et l'état sanitaire est exceptionnellement bon.

L'année 2011 est pourtant marquée, encore plus que les précédentes, par une très forte hétérogénéité. En fonction des types de sols et des millimètres tombés, les résultats des exploitations devraient varier du simple au triple.

Cliquez pour agrandir l'image

Nord-Pas-de-Calais/Picardie. Les pluies ont permis aux blés d'avoir des rendements très corrects et une qualité très satisfaisante pour l'instant, mais les chantiers étaient à nouveau stoppés en milieu de semaine. Les orges d'hiver sont également très bonnes (80 q/ha). En revanche, les variétés de printemps ont davantage souffert de la sécheresse et ne devraient pas dépasser 60 q/ha. Au sud de la Picardie, les résultats sont moins bons, notamment en orge de printemps, à seulement 45 q/ha de moyenne.

Champagne-Ardenne. Les blés sont satisfaisants mais la qualité est moyenne, avec parfois des temps de chute de Hagberg ne dépassant pas les 100 secondes (s). Les orges de printemps font une très mauvaise performance, sans dépasser les 50 q/ha de moyenne. Une partie sera déclassée en orge fourragère. Beaucoup de grains verts ont été récoltés. C'est mieux en orge d'hiver, à environ 75 q/ha.

Alsace-Lorraine. Si l'Alsace devrait battre son record de production de blé tendre grâce à des rendements corrects et une augmentation de 10% des surfaces, en Lorraine, c'est plus moyen. L'inquiétude vient des Hagberg, qui descendent parfois sous les 110 s. Les orges d'hiver décrochent, à 57-62 q/ha (68-70 q/ha en général), mais avec un bon calibrage. C'est pire pour les orges de printemps, avec une moyenne inférieure à 35-40 q/ha. Les protéines dépassent souvent les 12-13,5 %.

Orges de printemps médiocres

Auvergne et Limousin. Les rendements ont chuté de 15% par rapport à une année classique en blé tendre, avec des différences de qualité avant et après la pluie. Quelques lots ont même germé. L'orge d'hiver connaît aussi une baisse de 15% avec des variations du simple au double.

Bourgogne et Franche-Comté. L'orge d'hiver varie de 55 à 70 q/ha. La qualité des variétés brassicoles est très bonne. Les blés sont un peu meilleurs que prévu. Toutefois, les pluies ont pu ponctuellement faire décrocher le Hagberg et le poids spécifique (PS).

Centre. Les orges d'hiver sont moins bonnes au sud de la région (50 q/ha) qu'au nord (65 q/ha). Calibrage, protéines et PS sont au rendez-vous. Le blé tendre s'en sort plutôt bien, mais avec les pluies certaines variétés ont des Hagberg bas. Avec un rendement parfois meilleur qu'en 2010, le blé dur est de bonne qualité.

Normandie. Les orges d'hiver oscillent de 65 à 80 q/ha du sud au nord de la région. La teneur en protéines et le calibrage sont excellents. Les récoltes de blé ne sont pas terminées mais devraient présenter le même gradient Sud/Nord.

Île-de-France. Même si la qualité est satisfaisante, avec des rendements variant de 65 à 75 q/ha, l'orge d'hiver est plutôt décevante. Le blé tendre est aussi en retrait, avec une bonne qualité, excepté quelques lots avec des soucis de Hagberg. Les orges de printemps (40-50 q/ha) ne sont pas toujours de bonne qualité (présence de verdillons).

Bretagne. Avec quelques quintaux de moins que l'an passé, le rendement final des orges d'hiver est de 65 q/ha. Sans excès de chaleur et avec des pluies en fin de cycle, les blés s'en sont plutôt bien sortis.

Pays de la Loire. La collecte d'orge d'hiver devrait diminuer, avec des rendements de 55 à 65 q/ha. Récoltés en grande partie avant les pluies, blé dur et blé tendre ont une qualité satisfaisante, mais des rendements hétérogènes.

Bonne qualité en blé dur

Poitou-Charentes. Avec 50 à 55 q/ha, l'orge d'hiver est en fort recul par rapport à 2010, tout comme le blé tendre. Malgré des problèmes ponctuels de calibrage, les orges brassicoles d'hiver et de printemps devraient être facilement valorisées. Les blés durs présentent une très bonne qualité, mais des rendements en chute (40-50 q/ha).

Rhône-Alpes. Le blé tendre et le blé dur ont des rendements très hétérogènes selon les pluies, le type de sol et l'irrigation mais, en moyenne, ils sont conformes à une année classique. On compte 50-60 q/ha en blé dur (de 30 à 90 q/ha) avec 14 à 15 % de protéines et plus de 80 kg/hl de PS.

Gard et Paca. Les rendements des blés durs connaissent une baisse de 10 à 30 %, pour s'établir entre 27 et 30 q/ha. L'écart entre blé dur assolé et monoculture est encore plus marqué cette année dans le Gard. En revanche, la qualité est au rendez-vous, même après les pluies.

Midi-Pyrénées et Aude. En blé dur, si la qualité est très bonne (13,5 à 14 % de protéines, entre 80 et 82 kg/hl de PS), les rendements (autour de 40 q/ha) sont en baisse de 10 à 30 % par rapport à une année classique, mais cela reste moins décevant que prévu. Le rendement de l'orge d'hiver, autour de 50 q/ha, a perdu 15 %.

Aquitaine. En blé tendre, les rendements sont en baisse de 15 à 25 % par rapport à une année classique. Le blé a néanmoins moins déçu que l'orge d'hiver, qui atteint pénible- ment 35 à 50 q/ha.

Le colza : la bonne surprise de l'année La collecte de colza a de quoi redonner le sourire. Là encore, de fortes disparités sont notées, mais grâce à son pivot la culture a généralement passé le cap de la sécheresse. C'est d'autant plus vrai que la crucifère n'a pas vraiment subi d'attaques parasitaires. « Il y a eu un fort transfert des réserves des tiges vers les graines », estime Jean-Luc Lespinas, de la Cavac, en Vendée. Même en Poitou-Charentes, région très pénalisée par le déficit hydrique, le colza s'en sort plus qu'honorablement (27 à 31 q/ha en moyenne). Dans le Sud-Ouest, les rendements approchent en moyenne les 25 q/ha. A l'est, ils avoisinent les 30 q/ha. Plus au nord et au nord-ouest, les résultats sont encore meilleurs. Ils atteignent jusqu'à 60 q/ha dans les terres profondes.

Lire également:

Maïs et tournesol : un bon potentiel

Par Isabelle Escoffier, Céline Fricotté et Florence Mélix