En 2013, l'Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV, Anses) a enregistré 3.190 cas d'effets indésirables chez les animaux, dont 44 % ont été jugés comme étant des effets indésirables graves.

Entre 2012 et 2013, on constate une augmentation de 9,6 % du nombre total de déclarations. En revanche, la répartition entre cas graves et non graves est pratiquement identique sur ces deux années (43,4 % de cas graves en 2012, contre 43,9 % en 2013), indique l'ANMV dans un rapport mis en ligne le 16 octobre 2014 sur son site internet.

Plus de 90 % des déclarations transmises aux acteurs institutionnels sont envoyées par des vétérinaires, qu'il s'agisse de vétérinaires libéraux ou de vétérinaires exerçant/étudiant dans les écoles vétérinaires. Celles transmises par les propriétaires d'animaux et les éleveurs représentent 7,8 %.

Bovins : 8,6 % des déclarations

Comme en 2012, la très grande majorité des effets indésirables déclarés en 2013 concernent les carnivores domestiques, avec 83 % des déclarations pour les chiens et les chats. Les déclarations chez les bovins représentent 8,6 % des déclarations. Pour les autres espèces, les déclarations représentent moins de 3 % par espèce.

La part relative des différentes classes thérapeutiques impliquées varie en fonction des espèces considérées. Chez les carnivores domestiques, la classe thérapeutique la plus souvent citée concerne les antiparasitaires externes (25 % chez les chiens et les chats en dehors de la perméthrine). Chez les bovins, ce sont les antiparasitaires internes qui sont le plus souvent cités (26 %).

« Plus qu'un profil de risque particulier, les chiffres ci-dessus reflètent une exposition beaucoup plus importante des différentes populations animales à certains types de produits et/ou une réactivité plus élevée des déclarants par rapport à des effets survenant sur des animaux sains », souligne l'ANMV.

La répartition entre cas graves et non graves varie en fonction de la classe thérapeutique concernée : pour les antiparasitaires externes et internes, les déclarations sont majoritairement non graves (respectivement 74 % et 64 %). A l'inverse, pour les vaccins, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les antibiotiques, les déclarations concernent majoritairement des cas graves (respectivement 68 %, 55 % et 52 %).

Utilisations hors AMM

Sur l'ensemble des 3.190 cas déclarés chez l'animal en 2013, 1.153 concernaient des utilisations en dehors des conditions définies dans l'autorisation de mise sur le marché (AMM), ce qui représente 36 % des déclarations. Les espèces concernées sont principalement les chats (48 % des déclarations), les chiens (38 %) et les bovins (4 %). Chez les bovins, 25 % des cas sont liés à des antiparasitaires internes et 25 % à des antibiotiques. Globalement, les motifs d'usage hors AMM sont essentiellement des erreurs de dosage et le non-respect des indications thérapeutiques des produits et/ou de leurs voies d'administration.

Sur les 27 médicaments vétérinaires impliqués dans au moins 12 déclarations de cas graves en 2013, 22 sont exclusivement autorisés pour les animaux de compagnie. Les classes thérapeutiques les plus représentées sont les vaccins (44 %) et les antiparasitaires (30 %). Le calcul de l'incidence des effets indésirables de ces 27 médicaments montre que, pour 17 médicaments, l'incidence reste très rare (inférieure à un cas pour 10.000) et que, dans aucun cas, l'incidence n'est supérieure à un cas pour 100 animaux traités.