Le 17 février 2016, les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen ont appelé à interdire le traitement antibiotique collectif et préventif des animaux, lors d’un vote sur un projet législatif relatif aux médicaments vétérinaires. Le communiqué de presse plaide en faveur d’une utilisation « mieux encadrée » de ces molécules, et de l’élaboration de nouveaux produits.

Les parlementaires estiment que les « médicaments vétérinaires ne doivent en aucun cas être utilisés pour améliorer les performances des élevages ou compenser le non-respect de bonnes pratiques d’élevage. Ils veulent limiter l’utilisation d’antimicrobiens à des fins prophylactiques […] aux animaux de façon individuelle et seulement lorsque cela est justifié par un vétérinaire. »

Traiter au cas par cas

Pour le traitement de groupes d’animaux dont un ou des individus présentent des signes d’infection, les députés proposent de limiter l’utilisation des antibiotiques aux sujets « cliniquement malades et aux animaux sains identifiés comme présentant un risque élevé de contamination, afin d’éviter une nouvelle propagation de la bactérie au sein du groupe d’animaux ».

Pour encourager l’innovation, les parlementaires sont favorables « à de plus longues périodes de protection des documents techniques liés aux nouveaux médicaments, la protection commerciale de substances actives innovantes ainsi que la protection d’investissements significatifs dans des données générées pour améliorer un antimicrobien existant ou le maintenir sur le marché ».

« La lutte commence dans les élevages »

« En interdisant la vente en ligne des antibiotiques à usage vétérinaire, nous venons de faire un pas décisif dans la lutte contre l’antibiorésistance, a déclaré Françoise Grossetête, députée française (PPE) et rapporteure du projet. La lutte contre la résistance aux antibiotiques, véritable fléau de santé publique, commence dans les élevages. »

Les parlementaires précisent que cette législation habiliterait la Commission européenne à désigner les antimicrobiens réservés au traitement d’infections chez l’homme. Le texte devrait maintenant être soumis au vote du Parlement en session plénière en mars ou avril prochain.

E.R.