InVivo a organisé le 7 juin sa désormais traditionnelle conférence-débat semestrielle sur les marchés agricoles intitulée « quelle stratégie pour la nouvelle campagne ? ».

Parmi les invités Steve Cachia, consultant, analyste de marché et directeur de Cerealpar, entreprise brésilienne de courtage en grains, a apporté son point de vue sur les perspectives des marchés agricoles.

« Les marchés agricoles sont liés au climat et à la géopolitique, tout est lié, on ne peut pas parler de céréales sans parler du pétrole et des autres marchés. Depuis les années 2000, les marchés sont de plus en plus volatils et chaque année apporte son lot d'imprévus. »

L'analyste observe que « les fondamentaux semblent avoir moins d'influence. Auparavant, lorsque le rapport de l'USDA était haussier, les prix grimpaient et inversement. Or, on s'aperçoit parfois qu'un rapport négatif provoque une augmentation des prix et inversement ».

Steve Cachia est revenu sur le rôle joué par les biocarburants « qui ont modifié l'offre et la demande des marchés céréalier et oléagineux ». Le consultant a également mis le doigt sur la crise économique mondiale actuelle.

« Les incertitudes sont fortes sur les ventes de denrées agricoles comme en 2008 où on a assisté à des prix records suivis par une baisse rapide du marché. Le plus délicat est de percevoir le sentiment des investisseurs autres que les acteurs agricoles qui occupent de plus en plus de place sur le marché », a-t-il expliqué.

Le ralentissement chinois a également été évoqué, en le tempérant toutefois concernant les importations agricoles. En effet, la Chine poursuit ses importations de soja et de maïs à des niveaux soutenus pour le mois de mai et le début de juin.

Aux Etats-Unis, le marché du soja connaît de fortes fluctuations en raison des incidents climatiques (manque de précipitations sur certaines régions productrices), mais également en raison du règlement laborieux de la crise de la zone euro et des inquiétudes que cela suscite.   

D'après Steve Cachia, « dans les années à venir, de plus en plus d'opérateurs externes vont s'intéresser aux marchés agricoles car il y a eu des gains importants à réaliser sur ces marchés depuis les années 2000 ».

Le deuxième facteur d'influence sur les marchés agricoles concerne la consommation mondiale et industrielle. L'analyste s'appuie sur une population mondiale de plus de 9 milliards d'habitants en 2050 et sur un changement des habitudes alimentaires dans les pays émergents (augmentation de la consommation de viande en Chine, en Inde et au Brésil) pour prévoir une forte hausse de la demande en produits agricoles de base.

« L'approvisionnement de ces pays sera un problème, cela va certainement soutenir les prix, voire les orienter vers des niveaux plus élevés », a déclaré Steve Cachia. En effet, la Chine a déjà dépassé le marché américain et sa demande en blé, maïs et soja continue d'augmenter. A titre d'exemple, la Chine concentre une production porcine plus importante que les 43 producteurs suivants !

Perspectives de prix

Concernant le soja, Le courtier en céréales estime que les stocks sont assez serrés et que l'on ne connaîtra la récolte de soja aux Etats-Unis qu'au mois d'octobre. Il s'attend à ce que le marché soit porteur jusqu'à la fin de juin. « Jusqu'à ce que les marchés soient rassurés par la récolte aux Etats-Unis, les prix peuvent monter sur le complexe oléagineux », a-t-indiqué.    

Sur le maïs, « cette année, nous nous sommes approchés des 8 $ le boisseau en raison des problèmes climatiques en Amérique du Sud. Si on a confirmation d'une récolte exceptionnelle en maïs, le marché sera à la baisse ». 

F.V.