La « course aux matières premières dans le monde » est inscrite dans les sept à dix prochaines années, pronostique le gestionnaire d'actifs Diapason, au moment où le marché à terme européen (Euronext) annonce un nouveau bond de son activité agricole en 2012.

Le nombre de contrats de blé traités sur Euronext a progressé de 31 % en 2012, ceux de maïs de 43 % et ceux de colza de 3 %, a indiqué Nicholas Kennedy, responsable des matières premières chez NYSE Euronext, mardi devant la presse.  

En décembre 2012, il s'est traité 29.000 contrats de blé en moyenne chaque jour. « Le blé a vraiment pris sa vitesse de croisière. La liquidité s'améliore d'année en année », commente Nicholas Kennedy, en avançant que le marché européen finira par prendre le pas sur celui de Chicago dans la mesure où, notamment, l'Europe produit deux fois plus de blé que les Etats-Unis : 135 millions de tonnes contre 62 Mt en 2012 (source : FranceAgriMer).

Envisagée par Euronext il y a plus d'un an déjà, la cotation du tourteau de colza, voire d'un complexe de colza (graine, tourteau et huile), n'est toujours pas officiellement annoncée. Pas d'avancée non plus du côté du marché des produits laitiers, où seul existe un contrat sur la poudre de lait écrémé. La cotation de la matière grasse ou celle du lactosérum ne sont pas d'actualité.

De manière plus générale, la course aux matières premières (agricoles ou non), à laquelle on assiste depuis les années 2000, est durablement inscrite dans le paysage. « Les tendances actuelles vont durer encore sept à dix ans », pronostique Stephan Wrobel, PDG de Diapason Commodities Management, une société spécialisée dans la gestion des matières premières.

Pour 2013, il table sur une « dynamique fondamentale assez saine » sur le plan économique, avec une Chine qui repart de l'avant et une économie américaine qui résiste bien, ainsi qu'en témoigne le rebond du marché immobilier aux Etats-Unis. Stephan Wrobel anticipe aussi une dépréciation du dollar et une remontée des prix du pétrole aux environs de 125 ou 130 dollars le baril.

Dans un tel contexte, les matières premières sont, selon lui, promises à un bel avenir, d'autant que, pour bon nombre de métaux par exemple, les cours actuels se situent tout juste au niveau de leur coût de production. Les denrées agricoles ne font pas exception à la règle. L'offre peine à satisfaire la demande. Les stocks s'amenuisent. Et pourtant, poursuit Stephan Wrobel, « l'agriculture est le secteur le plus en retard dans l'augmentation de ses prix ». Alors même que de « grosses interrogations » entourent déjà la prochaine récolte aux Etats-Unis...

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B.Co.