Faisant état de 36.500 agriculteurs mobilisés, la FNSEA et JA (Jeunes Agriculteurs) se sont félicités du succès des manifestations du 5 novembre 2014. D'opérations escargot en collage d'autocollants, en passant par des drives fumier et des distributions gratuites de pommes, toute une palette d'actions avait été mise en oeuvre pour interpeller les pouvoirs publics et/ou leurs concitoyens sur les difficultés du monde agricole. (Voir les VIDEOS des actions de Paris, Beauvais et Châlons-en-Champagne.)

Si le bureau national présentait huit points de revendication, deux surtout cristallisaient les tensions dans les territoires : l'origine des produits dans la restauration collective et les réglementations jugées abusives, en particulier sur la question des nitrates.

Un communiqué de Stéphane Le Foll, diffusé mercredi, rappelle que des travaux sont engagés sur les différents points listés par le syndicat majoritaire – deux sont même déjà réglés puisque l'écotaxe est abandonnée et qu'une avance sur le versement des aides Pac a été accordée. Une concertation entre les acteurs des filières alimentaires a été engagée « pour des relations apaisées », et le gouvernement s'est engagé à promouvoir l'origine France dans la restauration.

Nitrates : une nouvelle réflexion autour du zonage

Le gouvernement souhaite améliorer l'organisation et le déroulement des contrôles dans les exploitations. Le Premier ministre a annoncé mercredi avoir « confié une mission à un parlementaire, à un agriculteur et à un haut-fonctionnaire du ministère de l'Agriculture pour qu'ils proposent des améliorations et des simplifications aux dispositifs existants » en matière de contrôles.

Le coût du travail, ainsi que l'application du compte pénibilité à l'agriculture, font l'objet d'une réflexion. Concernant l'embargo russe, Paris s'oppose au niveau européen au financement de la crise sur les ressources de la Pac. Enfin, le ministre a expliqué que la France appliquait les règles sans surtransposition concernant le verdissement de la Pac, et avait retenu les critères les plus larges pour les mesures agroenvironnementales.

Sur les nitrates, une nouvelle réflexion autour du zonage a été engagée avec les préfets de bassin. Par ailleurs, une étude a été commandée pour identifier l'origine de l'eutrophisation. Mais, contrairement au souhait de la Coordination rurale, cette étude n'a pas été confiée à des experts internationaux, mais à l'Inra, l'Ifremer, l'Irstea et le CNRS.

B.L.