« Il y a des producteurs qui manifestent encore leur intérêt pour le Mon810, principalement dans le Midi-Pyrénées ou en Aquitaine. Car le Mon810 résiste à plusieurs insectes dont la pyrale qui touche particulièrement 400.000 à 450.000 hectares dans ces régions », explique Luc Esprit, directeur général de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM).

Des producteurs pourraient ainsi planter du maïs transgénique Mon810 cette année puisque le moratoire qui l'interdisait a été suspendu. Le Conseil d'État a en effet annulé, l'été dernier, le moratoire sur la culture du Mon810 dans l'Hexagone pour non-conformité au droit européen. Le gouvernement ne pouvait donc pas prononcer à nouveau un moratoire, qui aurait été caduc juridiquement.

Le sénateur socialiste de l'Aveyron Alain Fauconnier, soutenu par le gouvernement, a déposé le 4 février une proposition de loi visant à interdire la culture de tous les maïs transgéniques dans l'Hexagone. Son examen a commencé le 17 février au Sénat, mais son adoption par le Parlement ne devrait pas se faire avant le 10 avril, c'est-à-dire juste après la pause parlementaire liée aux élections municipales.

« Or les semis de maïs vont commencer le 15 mars, explique Luc Esprit. Et après une année de retard végétatif lié au froid du printemps dernier, il y a fort à parier que les producteurs vont anticiper cette année et semer tôt. » Et si Monsanto, qui commercialise cet OGM, refuse de fournir des semences Mon810 aux producteurs, ils sauront aller les chercher, notamment en Espagne où il est cultivé », laisse entendre Luc Esprit.