Les rendements sont pour l'instant satisfaisants, mais beaucoup de plantes restent encore sur pied et les coûts de séchage sont élevés.

Les précipitations des dernières semaines n'arrangent pas les choses. Or les agriculteurs ont parfois préféré attendre, pour commencer la récolte, que l'humidité des grains diminue pour limiter les frais de séchage, déjà en hausse à cause du prix du gaz. Mais maintenant, les opérateurs encouragent les maïsiculteurs à poursuivre la récolte sans tarder. A cette période, il sera difficile de grapiller des points sur l'humidité, et la qualité sanitaire, pour l'instant jugée bonne, pourrait se dégrader.

Au final, le rendement moyen devrait être correct, proche de 92-93 q/ha, même s'il est inférieur à celui de 2007. Les retards dans les chantiers sont plus accentués dans les régions du Sud.

Ainsi, en Aquitaine, de 10 à 40% des récoltes seulement ont eu lieu. Les premiers maïs semés présentent des humidités comprises entre 28 et 29% et les plus tardifs devraient se situer autour de 32-34%. Les rendements approchent les records (entre 90 et 120 q/ha), excepté au nord de la zone, où il pourrait y avoir de 10 à 15 q/ha de moins que l'an passé.

Dans le Midi-Pyrénées, la moitié des grains à peine est dans les silos. Il y a quinze à vingt jours de retard. Dans le Gers, il est tombé 80 mm la semaine dernière et les moissonneuses vont mettre du temps avant de pénétrer à nouveau dans les parcelles. L'humidité des grains est correcte, tout comme les rendements, à 110 q/ha environ.

Il y a jusqu'à un mois de retard dans le Poitou-Charentes, avec une collecte réalisée à 20% environ. Même si la région a été en partie touchée par le gel, les rendements devraient être satisfaisants (95 q/ha dans la Charente-Maritime). En fonction des dates de semis et des indices variétaux, l'humidité varie de 28 à 32%, avec des pointes à 40%.

Dans le Rhône-Alpes, seulement 20% (Drôme) à 60% (Isère) des maïs sont récoltés, soit un retard de dix à quinze jours, qui va s'amplifier après les fortes pluies du week-end dernier. Les humidités sont moyennement élevées, aux alentours de 30%, voire 40% dans certaines parcelles de l'Ain. Du côté du rendement, c'est plutôt la satisfaction, avec des moyennes dépassant les 100 q/ha.

L'inquiétude est palpable en Lorraine, car guère plus de 40% des maïs sont récoltés. Le retard est évalué de vingt à trente jours. Les grains sont très humides (plus de 37%), mais les rendements restent dans la moyenne, à près de 80 q/ha.

En Bretagne, l'avancement des chantiers varie de 1% (Finistère) à 20% (Ille-et-Vilaine, Morbihan). L'humidité est comprise entre 35 et 40% et les résultats sont proches de 80 q/ha dans les zones les plus avancées. Face à la chute des prix, une forte part du grain est transférée vers l'ensilage ou le maïs humide.

Près de 50% des parcelles ont été pour l'instant collectés dans les Pays de la Loire, avec quinze jours de retard. L'humidité se situe entre 30 et 35% et les rendements varient de 85-90 q/ha dans la Loire-Atlantique à 100-105 q/ha en Vendée.

En région Auvergne, si 75% des maïs sont récoltés dans le Puy-de-Dôme, la situation est plus préoccupante dans l'Allier, où les parcelles ont reçu plus de 100 mm d'eau ces jours derniers. Plus de 400 ha sont inondés et certains maïs ne pourront certainement pas être récoltés. Il faudra attendre plusieurs semaines pour continuer la récolte, avec des incertitudes sur la qualité sanitaire. Avant les pluies, seuls 40% des parcelles avaient été collectés. Beaucoup de maïs affichent une humidité supérieure à 30%. L'année est moyenne en terme de rendement à cause d'une forte hétérogénéité (entre 75 et 100 q/ha).

Si le nord de la région Centre est avancé (à 75-80%), à peine 20% des maïs ont été récoltés ailleurs. L'humidité varie de 32 à 35% et les rendements se situent entre 90 et 95 q/ha, sauf dans la Beauce irriguée, où ils approchent les 110-115 q/ha.

En Bourgogne-Franche-Comté, les chantiers sont presque terminés dans l'Yonne, beaucoup moins ailleurs dans la région, avec souvent quinze jours de décalage par rapport à une année normale. Certains producteurs sont obligés de passer avec des moissonneuses équipées de chenilles, ce qui ralentit le rythme de récolte. Les maïs sont plus humides que la normale (34%). Les rendements sont légèrement inférieurs à ceux de 2007, entre 90 et 100 q/ha.

Les parcelles sont récoltées à 80% en Alsace, avec une dizaine de jours de retard. Le Haut-Rhin est plus pénalisé à cause des pluies récentes, qui obligent souvent à l'emploi de chenilles. L' humidité est assez élevée (30-32%) et les rendements satisfaisants (110 q/ha).

En Picardie, les récoltes ont pour l'instant été réalisées dans les temps dans l'Aisne et dans l'Oise, avec respectivement deux tiers et 90% de la collecte déjà rentrée. Dans la Somme et dans le Nord-Pas-de-Calais, les travaux commencent à peine. Avec des humidités assez élevées (entre 33 et 37%), la récolte est bonne tant en qualité qu'en quantité. Les rendement oscillent entre 95 et 110 q/ha.

Pas de souci majeur en Champagne-Ardenne, puisque les maïs sont récoltés à plus de 80%, avec «seulement une semaine de retard». Toutefois, l'humidité est un peu élevée (34%, avec des pointes à 40%). Des grains cassés sont observés dans les lots les plus humides. Quant aux rendements, ils sont très corrects, à 100 q/ha environ.

En Haute-Normandie la collecte a déjà été effectuée à près de 85%, avec des rendements satisfaisants de 95 q/ha et une humidité proche de 32%. La Basse-Normandie a, en revanche, récolté à peine 15% de ses surfaces. L'humidité est de 33-34% et les rendements devraient être bons.

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I.E. et C.F.