Les années se suivent et se ressemblent pour Axema, le syndicat des constructeurs et importateurs français de matériel agricole. Après une année faste en 2012, le bilan de 2013 est encore plus brillant puisque le chiffre d'affaires de la filière atteint 6 milliards d'euros, en hausse de 8,6 % par rapport à l'exercice précédent. C'est donc sans surprise que le marché devrait se tasser en 2014. Axema estime la baisse de chiffre d'affaires à 10 %, une contre-performance à relativiser au vu des performances exceptionnelles de 2012 et 2013. 

Dans ce contexte favorable, la production française a augmenté de près de 3 % en 2013 mais elle a surtout alimenté le marché français. En effet, les exportations sont restées stables à 3 milliards d'euros. Au cours de la même période, la demande des agriculteurs français pour les matériels produits à l'étranger a progressé de 7,9 %. Les importations se montent à 4,6 milliards d'euros pour 2013. 

Premier marché pour le machinisme agricole en Europe, la France est aussi le troisième fournisseur de l'UE à la fois en valeur et en matière de croissance, loin derrière l'Allemagne et au coude-à-coude avec l'Italie. En valeur, les constructeurs français fournissent 31,5 % du matériel de travail du sol produit dans l'UE, 26,1 % du matériel de transport et de manutention et 24,6 % du matériel d'irrigation et de pulvérisation. En tracteur, la production française (Agco et Claas) représente 17,5 % de la valeur des tracteurs produits en Europe.

Le principal point noir est la baisse de la marge des constructeurs français, qui après avoir atteint jusqu'à 37,9 % en 2008 (soit 5 points de mieux que la moyenne des entreprises françaises) se trouve aujourd'hui dans la moyenne avec 27,2 %. Il existe bien entendu de grandes disparités entre les secteurs d'activités et la taille des entreprises, les PME ayant été le plus impactées par la crise et l'arrivée d'une concurrence étrangère importante.

Corinne Le Gall