La préfecture du Vaucluse a annoncé jeudi avoir pris un arrêté prévoyant des mesures d'aide et d'accompagnement des éleveurs pour se protéger du loup, cet animal étant désormais officiellement présent dans le département.

« La préfecture a pris en janvier un arrêté qui pour la première fois envisage officiellement la présence du loup en Vaucluse », a indiqué le préfet François Burdeyron lors d'une conférence de presse. « Il y a un risque loup dans le Vaucluse, peut-être pas très élevé aujourd'hui, mais il ne faut pas attendre que des élevages ou des troupeaux soient abîmés, blessés et que ça crée un traumatisme pour l'éleveur, pour prendre un certain nombre de mesures », a-t-il estimé.

Un loup avait été retrouvé tué par balle au pied du mont Ventoux le 30 janvier. En octobre, des expertises menées par l'Office national de la chasse et de la faune « avaient permis de conclure que la responsabilité du loup ne pouvait être écartée » dans deux attaques au cours desquelles 10 brebis avaient été tuées et 6 blessées, a précisé la préfecture.

L'arrêté préfectoral propose une déclinaison du plan national loup dans le Vaucluse, avec notamment l'accompagnement financier de l'éleveur pour la pose d'enclos électrifiés, l'achat de chien de protection de type patou ou le gardiennage de troupeaux. Ce dispositif prévoit également l'indemnisation des éleveurs en cas d'attaques.

Le dispositif prévoit également l'installation d'une cellule de veille destinée à collecter les indices de la présence potentielle du loup et à améliorer la connaissance et le suivi de l'espèce. Si pour l'instant la présence du loup en Vaucluse serait plutôt due à des incursions depuis des départements voisins, son installation durable reste probable.

Le Ventoux et les monts de Vaucluse disposent d'une réserve de cerfs, chevreuils, chamois et mouflons et « peuvent représenter des surfaces suffisantes » pour l'installation du loup, souligne la chef du service en charge de l'eau et du milieu naturel à la direction départementale des territoires (DDT) du Vaucluse, Catherine Gailraud.

Tout éleveur souhaitant bénéficier de ces mesures de prévention est invité a déposer un dossier avant le 30 mai à la DDT.

Le Vaucluse compte 130 éleveurs ovins pour 33.000 brebis, selon la Fédération départementale ovine.