« Malgré les avis divergents des partenaires commerciaux, l'obtention d'un accord commercial bilatéral large profiterait aux agriculteurs de l'UE et des États-Unis ainsi qu'à leurs coopératives », estime le Copa-Cogeca.

Au cours de réunions avec des législateurs à Washington, le 7 février, les présidents du Copa (1) et de la Cogeca (2) ont souligné les défis et les opportunités que présente l'accord potentiel de libéralisation du commerce entre l'UE et les États-Unis (TTIP). Selon eux, « la convergence réglementaire est essentielle pour le succès des négociations. Les partenaires s'accordent à dire qu'il existe un potentiel de croissance pour les deux côtés de l'Atlantique », rapporte le Copa-Cogeca dans un communiqué du 7 février 2014.

Albert Jan Maat, président du Copa, a affirmé à Washington : « Nos économies sont déjà étroitement imbriquées. Les échanges agricoles entre l'UE et les États-Unis sont bien équilibrés et représentent un total de 4 milliards d'euros d'une part comme de l'autre. Les États-Unis représentent le premier débouché pour les produits agricoles européens de qualité. Il n'est donc pas surprenant que nous entrevoyions des tendances de marché positives notamment pour le vin, le fromage et les viandes transformées, alors que le secteur européen de l'élevage repose grandement sur les exportations américaines d'aliments protéinés. Les normes relatives à la sécurité alimentaire sont très élevées, tant aux États-Unis que dans l'UE, malgré quelques différences quant à la manière d'y parvenir. »

Il a ajouté : « Trois quarts des gains dans les négociations commerciales proviendraient d'un retrait des barrières commerciales non tarifaires. Cependant, les normes de production doivent elles aussi être respectées. Les citoyens européens attendent de notre agriculture qu'elle fournisse des denrées alimentaires et des services de qualité élevée qui respectent des normes de production strictes. C'est pourquoi nous demandons que tout accord soit équitable, respecte les attentes des consommateurs de même que les normes de production européennes et garantisse une convergence réglementaire là où cela s'avère possible. »

« L'utilisation d'hormones et d'autres accélérateurs de croissance dans la production de viande, tout comme l'emploi de chlorine dans la production de poulet ne sont notamment pas autorisés dans l'UE. Ceci doit être respecté par les États-Unis. Des règles strictes en matière de bien-être animal sont appliquées dans l'UE et les importations devraient respecter les mêmes normes. Les consommateurs des deux côtés de l'Atlantique s'intéressent de plus en plus aux méthodes de production de leurs aliments », a-t-il déclaré.

Christian Pèes, président de la Cogeca, a pour sa part souligné : « La question des barrières non tarifaires doit être abordée. Par exemple, dans le secteur des fruits et légumes, des barrières phytosanitaires empêchent l'entrée de fruits européens sur le marché des États-Unis. Il est indispensable de traiter de cette question. En outre, l'année dernière, l'UE a autorisé l'utilisation d'acide lactique dans le traitement des carcasses de bovins. En contrepartie, la décision politique des États-Unis consistant à permettre à l'UE d'exporter de la viande bovine vers le marché des États-Unis doit entrer en vigueur. Cela témoignerait en effet d'un engagement de la part des États-Unis. »

« De plus, l'accord vétérinaire UE/États-Unis doit être respecté, avec la régionalisation, comme le mentionne l'accord de l'OMC. Il est par ailleurs nécessaire d'obtenir une reconnaissance du système européen d'indications géographiques (IG) qui protège des imitations les produits européens de qualité tels que le jambon de Parme. Pour les producteurs issus de certains secteurs et régions de l'UE, ce système est essentiel pour le maintien de la valeur ajoutée de leurs exploitations. Les consommateurs aspirent également à recevoir une garantie d'authenticité du produit. »

En d'autres termes, M. Pèes a affirmé : « Malgré les avis divergents des partenaires commerciaux, l'obtention d'un accord commercial bilatéral large profiterait aux agriculteurs de l'UE et des États-Unis ainsi qu'à leurs coopératives. »

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(1) Copa : Comité des producteurs agricoles de l'UE.

(2) Cogeca : Confédération des coopératives agricoles de l'UE.