L’accord conclu par la Commission européenne au nom des États membres doit encore être validé par ces derniers pour entrer en vigueur. Cette ratification exige l’unanimité des chefs d’État et de gouvernement. Vienne devra s’opposer à la ratification en vertu du vote exprimé ce 18 septembre 2019 par ses députés. Quatre des cinq partis représentés au Parlement, dont la majorité de droite, ont imposé au gouvernement de rejeter le traité.

Les députés montent au créneau

« L’Autriche va refuser le traité Mercosur », s’est félicitée la députée conservatrice (ÖVP) et ancienne ministre de l’Environnement, Elisabeth Köstinger. « En Amérique du Sud, les forêts tropicales sont détruites par le feu pour créer des pâturages et envoyer du bœuf à bon marché en Europe », a-t-elle justifié. Voilà qui fait écho aux propos d’Emmanuel qui Macron a annoncé fin août son opposition au traité.

Le président français a effectivement estimé que son homologue brésilien Jair Bolsonaro avait « menti » sur ses engagements en faveur de l’environnement. Cet accord entre l’Union européenne et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) est suspendu à un engagement spécifique des signataires à mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat.

L’Union européenne divisée

Cet accord de libre-échange, signé à la fin de juin après vingt ans de tractations, suscite un malaise grandissant dans certains États de l’Union européenne sous la pression des agriculteurs, inquiets pour leur production de viande, et des ONG, préoccupées par le climat. Le Luxembourg avait annoncé vouloir geler sa signature. D’autres États membres, dont l’Allemagne et l’Espagne, ont au contraire exhorté la Commission européenne à finaliser cet « accord historique ».

AFP