La Fédération nationale des légumes secs (FNLS) a organisé une conférence de presse réunissant fonctionnaires de la FAO, du ministère de l’Agriculture et chefs de restaurants. Un seul thème : les légumes secs, la réponse aux enjeux alimentaires mondiaux.

De nombreux atouts

Les légumes secs, et les légumineuses en général, présentent en effet des atouts manifestes. Ils possèdent tout d’abord des qualités nutritionnelles indéniables. Riches en fibres, en protéines et pauvres en cholestérol et en sucre, les légumes secs se positionnent de plus en aliment alternatif chez les intolérants au gluten puisqu’ils en sont dépourvus.

De nombreuses qualités environnementales et agronomiques. Le grand nombre de variétés existantes ainsi que leur longue floraison – source d’alimentation constante pour les abeilles – en font un facteur de biodiversité important. Leur capacité de fixation de l’azote de l’air participe à la diminution d’apports d’intrants azotés ainsi qu’à la lutte contre le changement climatique.

Un produit économique. Il s’agit en effet d’un aliment extrêmement abordable en comparaison avec les protéines animales.

La FAO, qui rappelle que 800 millions de personnes souffrent de faim chronique dans le monde, place les légumes secs comme la solution à l’éradication de la faim dans le monde à l’horizon de 2030. Mais les problématiques sont bien différentes entre l’Inde et la France.

Des freins à la production en France

En 40 ans, la consommation française de légumes secs est passée de 7,3 kg/pers/an à 1,3 kg/pers/an. Une chute expliquée notamment par la consommation plus systématique de protéines animales chez les ménages français. Un changement d’habitudes alimentaires qui freine aujourd’hui l’accroissement de la consommation de légumes secs. En effet, ces produits sont méconnus du grand public et les méthodes de préparation souvent trop longues ou complexes.

Mais ces freins culturels ne sont pas les seuls qui empêchent l’expansion de ces produits en France. La production française de légumes secs ne représente que 2 % de la production mondiale (20 000 t seulement). Une production minime expliquée par les problèmes de rentabilité des cultures avec des rendements très instables et une récolte rendue difficile.

Des pistes de réponses au sein de la filière française

La FNLS s’est montrée très confiante pour l’avenir en garantissant qu’une augmentation de la consommation française de légumes secs engendrerait naturellement une augmentation de leur production en France. Un avis pas forcément partagé par les producteurs de lentilles notamment, qui font face à de grosses difficultés. Les producteurs demandent un investissement massif dans la recherche variétale et souhaitent un regroupement des producteurs de lentilles sur tout le territoire.

La FNLS a finalement annoncé la création d’une interprofession en partenariat avec Terre Univia.

C. Lej.