« Nous ne pouvons qu’être pessimistes pour le moment », déplorait Luc Desbuquois, président du Cenaldi, AOP nationale des légumes à destination industrielle, en évoquant les perspectives pour la campagne de 2016 à l’occasion de l’assemblée générale de l’organisation le 22 juin 2016.

L’AOP prévoit une nouvelle diminution des emblavements de 3 % à 54 700 ha seulement, le niveau historique le plus bas. C’est la Bretagne qui délaisse le plus la production avec 7 % de surface en moins. Une perte de surface compensée en partie par l’amélioration des rendements par rapport à l’an passé (année à rendements catastrophiques).

Le volume de produits attendu serait donc de 758 400 t (+ 3 %) par rapport à 2015. Ce résultat, qui est aussi permis par une évolution du mix de production sur des légumes à rendements plus importants, reste 9 % inférieurs à la moyenne des cinq dernières années.

Les intempéries mises en cause

De plus, au vu des intempéries qui ont touché une partie de la France, « la campagne n’a pas commencé dans les meilleures conditions, et nous avons de grosses inquiétudes sur la récolte de légumes ».

D’après le Cenaldi, les épinards d’hiver sont « très moyens », ceux de printemps « ont été encore peu récoltés, voire abandonnés du fait du mauvais état des produits », les premières récoltes de pois auraient échoué du fait d’un sol encore trop gorgé d’eau, et la question des haricots se pose si l’on arrive à les semer à temps…

Autant de problématiques qui inquiètent et forcent Luc Desbuquois à s’interroger sur la campagne à venir et sur le revenu dégagé par les producteurs en fin de campagne. Il s’inquiète aussi pour l’aval de la filière, avec des industriels qui manqueront de productions ou de produits de bonne qualité.

« Les semaines à venir nous conforteront ou non sur nos positions, en espérant qu’une sécheresse ne suivra pas cette période extrêmement pluvieuse qui ajouterait un stress d’autant plus grave sur nos légumes », a conclu le président de Cenaldi.

C.L.J.