Dans sa dernière note de conjoncture sur le secteur de la tomate, le ministère de l’Agriculture, décrivant les cours de la tomate, évoque « des prix très fermes cet été 2019 ».

Avec des prix dépassant de 51 % ceux de l’année dernière, et de 30 à 40 % ceux de la moyenne quinquennale, la tomate a frôlé des sommets.

Une question de répartition

Difficile d’expliquer cette hausse lorsque l’on regarde la production totale. Avec 524 678 tonnes de tomates, la récolte de 2019, bien qu’en recul par rapport à la moyenne quinquennale, est « stable sur un an », comme le souligne le ministère.

Alors, que s’est-il passé ? C’est la répartition de ce volume sur l’été qui est responsable des hausses de prix observées. Le ministère résume ainsi la situation : sur ce fruit très « météo-sensible », les épisodes de canicules ont provoqué « l’envolée des cours tandis que l’offre [s’est réduite] sous l’effet de la chaleur et du manque d’eau ».

La tomate a donc crevé le plafond dès le mois de juillet, et la situation a perduré en août, avec des prix « supérieurs de 51 % à ceux d’août 2018 et de 33 % supérieurs à ceux des cinq dernières campagnes ».

Lissé sur l’année

Les Français semblent avoir été sensibles aux discours sur la consommation de légumes hors saison. Ainsi, selon le panel Kantar de FranceAgriMer, cité par le ministère, « sur les 6 premiers mois de l’année, les achats de tomates par les ménages sont en recul de 3 % ».

Sur le plan international, malgré une récolte stable, les exportations françaises ont augmenté de 6 % sur un an, soit 147 240 tonnes. Avec une diminution concomitante de 5 % des importations, « le déficit du commerce extérieur (–178 150 tonnes) pour la tomate (fraîche et destinée à l’industrie) se réduit de 12 % sur un an », précise le ministère.

I. Logvenoff