Hier, le 2 février 2016, répondant au sénateur Yannick Botrel (PS) lors de la séance des questions d’actualité au Palais du Luxembourg, Stéphane Le Foll a annoncé qu’il fera « dans la semaine une proposition de mémorandum sur lequel un certain nombre de pistes de régulation de ces marchés pour essayer de faire bouger les choses à l’échelle européenne ».

Le ministre a bien conscience que convaincre les partenaires européens de faire un pas en direction de davantage de régulation sera difficile. « Vous le savez, lance-t-il aux sénateurs, à cette échelle-là [européenne, N.D.L.R.], il y a aussi beaucoup de considérants très libéraux qui pensent que le marché réglera tour. Ce n’est pas ce que je pense. »

Quelques minutes plus tôt, Yannick Botrel constatait : « la Pac est dans l’impasse pour proposer un destin aux agriculteurs ». Il demandait au ministre « quelles initiatives peuvent être portées pour reconstruire une politique respectant le travail [des agriculteurs], réintroduisant la régulation, et répondant aux attentes des citoyens de l’Union européenne ? »

Stéphane Le Foll a illustré sa réponse avec l’observatoire européen du lait. « Que dit cet observatoire ? Qu’avec une offre excédentaire à l’échelle mondiale, le fait que […] la production laitière continue à augmenter dans plusieurs pays européens, au-delà de 3 %, n’est pas durable [car] les débouchés potentiels sont moins importants que ce qui avait été anticipé. »

Éric Roussel