Le 23 janvier 2012, l'Organisation des producteurs de lait (OPL, branche laitière de la Coordination rurale) a attaqué l'interprofession laitière (Cniel) concernant l'accord interprofessionnel sur la réglementation pour les germes et les cellules somatiques du lait de vache. Elle lui reproche, ainsi qu'à la Fédération nationale de producteurs de lait (FNPL, association spécialisée de la FNSEA) « d'accroître les exigences sur la qualité du lait produit en France alors que le bon sens voudrait au contraire une harmonisation européenne ». La FNPL conteste cette analyse.

L'OPL reproche aussi au Cniel « en décentralisant les décisions vers ses branches régionales, [de leur donner, NDLR] le pouvoir d'appliquer plus ou moins fermement cette nouvelle réglementation et ainsi de décider [...] la concentration ou la disparition de la production laitière suivant les régions. Une belle façon d'imposer plus rapidement la restructuration de la filière laitière ! »

La FNPL conteste les arguments de l'OPL. « Si on appliquait la réglementation communautaire, ce serait l'arrêt de collecte pur et simple au bout d'un certain temps, prévient Gilles Psalmon, le directeur de la FNPL. Avec cet accord, on essaie justement “d'amortir” la réglementation communautaire. On tente de prendre le problème en amont, et d'accompagner l'éleveur pour remédier au problème et lui éviter l'arrêt de collecte. »

Cet accord a déjà fait l'objet d'attaques. Ou plus précisément sa précédente version que « la Confédération paysanne a contestée devant le Conseil d'Etat sous l'angle de la représentativité à l'interprofession, se souvient Gilles Psalmon. Elle a gagné mais pas sur la représentativité. Le Conseil d'Etat a jugé l'accord trop laxiste par rapport à la réglementation communautaire. Notre objectif n'est pas de sélectionner les éleveurs sur le territoire mais de les accompagner. »

E.R.