Les subventions laitières de l'UE continuent à nuire aux producteurs laitiers des pays en développement, estime un rapport de l'ONG ActionAid publié mardi, qui cite l'exemple du Bangladesh.

Les 5 milliards d'euros d'aides annuelles que touchent les producteurs de lait européens « continuent à faire du mal aux producteurs laitiers dans les pays en développement », assurent les auteurs du rapport. Ils citent le cas du Bangladesh, où 7 millions d'habitants vivent de la production laitière, la plupart du temps avec deux vaches. Si elle se développait, la filière locale « pourrait sortir de la pauvreté des millions de personnes », juge ActionAid.

Or, quelque 20 % des ventes de lait au Bangladesh sont réalisées par le lait en poudre « Dano », produit par la société suédo-danoise Arla Foods. Cette dernière a bénéficié de subventions qui ont représenté 15 % de son prix d'exportation en 2009. « Cela signifie qu'Arla Foods aurait dû fixer des prix 15 % plus élevés pour réaliser le même bénéfice » que celui obtenu grâce aux subventions, selon le rapport.

Au Bangladesh, les classes moyennes et supérieures préfèrent le lait en poudre, réputé plus sûr et bénéficiant d'une meilleure publicité, au lait frais de production locale, souligne l'ONG. Le pays a importé entre 20 % et 50 % de ses besoins en lait en poudre de l'UE ces dernières années.

Selon ActionAid, la réforme de la Pac à partir de 2014 représente une opportunité pour « mettre fin aux subventions dévastatrices et aura valeur de test de la volonté de l'UE de faire en sorte que ses politiques oeuvrent de manière cohérente en faveur du développement des pays pauvres ».

ActionAid se présente comme une organisation internationale travaillant auprès de plus de 25 millions de personnes dans plus de 40 pays. En France, Peuples Solidaires en est le partenaire associé.