Sur un mot d'ordre de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), les éleveurs mettent la pression sur les grandes surfaces, afin de les inciter à passer des hausses de prix sur les produits laitiers. A la fin de février, Système U puis Leclerc s'étaient engagés à y répondre positivement, à condition que les autres enseignes suivent le mouvement. Des rencontres ont eu lieu dans plusieurs régions, avec des résultats mitigés.

En Lorraine, une table-ronde a réuni, le lundi 18 mars 2013 à Metz, des représentants de la section laitière de la FRSEA, des transformateurs, des distributeurs et l'administration régionale. Objectif des producteurs : que les entreprises de collecte et de transformation, et les enseignes commerciales prennent conscience des sérieuses difficultés des producteurs en Lorraine.

Ils réclament notamment que soit pris en compte un indicateur de marges qui permettrait de revaloriser le prix payé au producteur avec une incidence minime pour le consommateur.

Transformateurs et distributeurs présents se sont refusés à signer un engagement réciproque, se retranchant derrière des décisions prises à un niveau plus élevé. La FRSEA a prévenu d'actions plus « offensives » si rien ne bougeait d'ici au début de mai.

Dans le Rhône-Alpes, parallèlement à des actions dans les grandes surfaces, le préfet de la Région a organisé le jeudi 14 mars une table-ronde entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Ces derniers ont reconnu la situation difficile des éleveurs laitiers. Les participants se sont engagés à se remettre autour de la table. La profession espère que ce premier pas régional servira à une réouverture des négociations nationales et aura des répercussions sur le prix du lait dès avril.

En Auvergne, les enseignes ont été plus réceptives au ras-le-bol des producteurs. Une centaine d'entre eux avait manifesté devant la préfecture d'Aurillac (Cantal), le 13 mars 2013. En cause : un prix du lait sans cesse revu à la baisse : 314,50 €/1.000 l en janvier, 317,73 € en février, et 311,69 € en mars, soit une diminution de 5 €/1.000 l par rapport au premier trimestre de 2012.

Les charges, dont l'alimentation, continuent quant à elles de grimper : +30 €/1.000 l par rapport à l'an passé. Les principaux distributeurs ont signé une motion les engageant à augmenter les prix à la consommation (+2 centimes par litre de lait UHT, +6 centimes par 200 g d'emmental râpé et +1,3 centime par 4 yaourts nature), avec une répercussion directe à la production. Une réunion de tous les acteurs de la filière autour du préfet de la Région est programmée pour la mi-avril, afin de transformer les promesses en actes.

Dominique Peronne, Carole Hiet et Monique Roques-Marmeys