Entre un millier (selon les organisateurs) et 300 (selon la police) producteurs laitiers ont manifesté lundi à Bruxelles devant le siège de la Commission européenne. Ils répondaient à l'appel lancé par l'EMB (European Milk Board) et la Coordination européenne Via Campesina, alors que se déroulait un conseil des ministres européens de l'Agriculture consacré à la filière laitière.

« Les propositions du groupe à haut niveau (GHNL) ne sont pas aptes à résoudre la crise du marché laitier, et elles aggraveront la situation des producteurs de lait européens », a estimé Lidia Senra, de Via Campesina.

« Avec les mesures actuelles, les prix extrêmement bas du lait de 2009 peuvent se répéter, a précisé Romuald Schaber, président de l'EMB. Le rapport dit que le filet de sécurité actuel est suffisant. Mais ce n'est pas vrai, car, avec les mesures actuelles, les prix extrêmement bas du lait de 2009 peuvent se répéter. »

Pour les deux syndicats européens, la contractualisation proposée par le GHNL – c'est-à-dire les contrats directs entre les producteurs et les laiteries – pose aussi un problème. « Ces contrats mènent les producteurs à une dépendance totale car les laiteries, acteurs plus forts sur le marché, en dicteront les conditions. Autre problème : les propositions du GHNL ne prévoient pas la maîtrise de la production laitière. Or sans maîtrise de la production et du marché laitier, il n'y aura pas de prix équitables pour les producteurs. »

« L'avenir est dans une production orientée vers la demande avec des prix qui couvrent les coûts de production et dans un marché où tous les acteurs participent à la négociation », estime Lidia Senra.

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E.C.