Depuis quatre jours, des éleveurs italiens bloquent le centre de distribution d'Ospedaletto Lodigiono, appartenant à Lactalis. L'annonce par le groupe français de l'arrêt de la collecte de certaines fermes a déclenché cette opération, qui vise à empêcher les camions d'approvisionner les centrales d'achat de la grande distribution.

Lactalis est devenu au fil de ses achats de laiteries et de marques italiennes emblématiques (Galbani, Parmalat), le leader du secteur laitier italien et par conséquent, le faiseur de prix. Le lait italien coûte cher à Lacatalis par rapport aux cours européens, « car il est de qualité, mais ses usines de la Péninsule importent du lait et des dérivés de lait pour faire des fromages italiens » dénoncent les occupants. En effet, les marchés internationaux sont demandeurs de fromages italiens, « qui n'ont plus d'italien que la dénomination » affirme un responsable de la Coldiretti, syndical agricole qui réclame depuis des années, un étiquetage plus transparent.

En Italie, comme ailleurs en Europe, la crise laitière sévit : en 2015, mille élevages laitiers ont déjà disparu, principalement dans des zones excentrées, comme la montagne. Le lait est actuellement payé 0,34 €/l (soit moins 20 % par rapport à l'an dernier), alors que les coûts de production varient de 0,38 à 0,41 €/l en Lombardie. Afin d'alerter les consommateurs, les éleveurs ont amené mardi dans des centres commerciaux, des vaches à adopter qu'ils ne peuvent plus nourrir, faute de revenus.

N.S.