Face à la flambée des charges et en particulier des céréales et du soja, la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) revendique depuis plusieurs mois une augmentation du prix du lait payé aux producteurs.

« Il y a un vrai paradoxe entre les indicateurs de marché qui sont au vert et l'urgence de la situation dans nos exploitations, a justifié Marie-Thérèse Bonneau, secrétaire générale du syndicat, mardi lors d'une conférence de presse. A nous de remettre de l'équilibre dans la partage de la valeur ajouté au sein de la filière. »

Sur le terrain, la mobilisation syndicale a consisté pour les fédérations locales à rencontrer les enseignes de la grande distribution pour clarifier le jeu des négociations commerciales, et notamment l'argument selon lequel les transformateurs ne peuvent pas passer de hausse de prix à la distribution pour les répercuter aux producteurs.

Parallèlement, la FNPL interpelle les pouvoirs publics sur la nécessaire révision de la loi de modernisation de l'économie (LME) par la voix de son président, Thierry Roquefeuil : « Nous sommes dans une situation où l'interprofession n'a plus la capacité de réunir tous les partenaires. Nous attendons donc une réponse politique pour faire évoluer la LME sur les conditions générales d'achat, dans lesquelles la problématique des coûts de production n'est pas prise en compte. »

L'encadrement des relations commerciales renforcé

Tenant compte des indicateurs de charge qu'elle a elle-même calculés, la FNPL revendique un prix moyen minimal de 340 €/1.000 l pour 2013. Une enseigne telle que Système U, suivie par Leclerc se dit prête à répercuter la hausse des coûts de production à la consommation.

Dans le même temps le ministre de l'Agriculture annonce une modification de la LME avec un renforcement des mesures d'encadrement des relations commerciales, notamment à travers le projet de loi relatif à la consommation qui sera débattu en juin 2013 à l'Assemblé nationale.

« L'objectif est d'inscrire cet indicateur de charge dans la LME », explique Thierry Roquefeuil. Les contrats qui régissent les relations entre producteurs et transformateurs ne prévoient pas de clause concernant l'évolution des coûts de production. Mais à travers cette évolution législative, qu'elle appelle de ses voeux, la FNPL estime que si la loi permet de passer des hausses, c'est un outil qui permettra aux organisations de producteurs (OP) et aux conseils d'administration des coopératives de négocier au sein de leur entreprise.

A cette fin, l'organisation d'une table ronde réunissant les pouvoirs publics et les acteurs de la filière est attendue pour concrétiser ces avancées dès le deuxième trimestre. A plus long terme, le plan de relance de l'élevage dévoilé le 6 mars 2013 par le ministre va dans le sens des revendications de la FNPL d'une prise en compte de la nécessité de ne pas rajouter de nouvelles contraintes environnementales aux élevages, particulièrement sur le dossier de la gestion des effluents.

Jérôme Pezon