Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

La collecte risque de s’essouffler

HD / LD

Alors qu’elle tournait au ralenti au début de l’hiver, la production laitière française accélère sous l’effet d’un cheptel plutôt étoffé et de bonnes conditions climatiques en mars.

Si la collecte laitière manquait de tonus cet hiver, les bonnes conditions du début de printemps ont joué en faveur d’une production plus élevée. « Après la mise à l’herbe, la reprise a été rapide », constate explique Gérard You, chef du service de l’économie de l’Institut de l’élevage. Ainsi la collecte hebdomadaire affichait au début d’avril un niveau sensiblement proche de celui de l’an dernier, tandis qu’en janvier, il était inférieur de 7 % par rapport à la même période en 2016.

« Le cheptel laitier a certes reculé par rapport à 2016, mais la baisse est modeste, d’environ 0,5 %, poursuit Gérard You. Et les conditions climatiques ont été très favorables à la sortie de l’hiver, avec des températures douces, une pluviométrie abondante en mars, favorisant la pousse de l’herbe. » Néanmoins, l’Institut de l’élevage constate que ces tendances varient fortement d’une région à l’autre.

À l’ouest, le cheptel laitier est légèrement supérieur à l’an dernier, mais la situation est inquiétante dans le Sud-Ouest. « La production recule fortement et de façon préoccupante, de 8 à 10 %, en raison d’un cheptel en forte baisse, signe probablement d’une déprise laitière importante », indique Gérard You.

Le prix du lait se stabilise

Après avoir augmenté modérément cet automne, le cours est stable depuis janvier. Le prix de base affichait alors autour de 327 €/1 000 l. Mais cela pourrait ne pas durer. « Les indications pour mars et avril laissent penser qu’il pourrait légèrement se tasser, du fait des indices de saisonnalité appliqués par les laiteries à cette période de l’année », avance Gérard You.

Le prix du lait souffre aussi d’un net tassement des cours des protéines laitières. « Après une légère remontée cet automne, le cours de la poudre de lait se dégrade depuis décembre, semaine après semaine, poursuit-il. Il est retombé au début d’avril autour de 1 700 €/t. »

Hélène ChaligneJournaliste web

En Europe, la reprise est plus progressive qu’en France.

À l’échelle européenne, l’Institut de l’élevage constate une reprise modérée des livraisons de lait de vache. Outre-rhin, elle n’a d’ailleurs pas encore commencé. « La collecte allemande a reculé jusqu’à la fin de mars, de l’ordre de 3 % par rapport à l’an dernier », précise Gérard You.

En Irlande non plus, aucun signal ne laisse entrevoir de hausse de collecte. « En revanche au Royaume-Uni, la production laitière se rétablit petit à petit, poursuit-il. En Pologne, elle est très dynamique, et plutôt croissante en Italie et en Espagne. »

160 000 vaches de moins aux Pays-Bas

Enfin, la collecte néerlandaise devrait refluer après s’être stabilisée cet hiver. « Les éleveurs doivent ajuster leur cheptel au plafond d’émission de phosphore qui leur est imposé, rappelle Gérard You. Le pays doit réduire son cheptel de 160 000 vaches, soit pratiquement 10 %, d’ici à la fin de l’année. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Suggestion de vidéos
À lire également