Les présidents des deux groupes laitiers l'ont annoncé de concert : Eurial et le Glac se rapprochent pour ne plus former qu'une entité en 2011.

On en parlait depuis des mois, le rapprochement entre les deux grands groupes laitiers coopératifs a été rendu officiel lors de l'assemblée générale de l'Association centrale des laiteries coopératives du Charentes-Poitou.

Ils se sont donné un délai de dix- huit mois pour démêler les enjeux juridiques d'une telle fusion et la rendre effective. Ensemble, ils formeront le deuxième acteur coopératif de la filière laitière en France. Et le premier en Europe pour le fromage de chèvre.

Sur le plan géographique, la nouvelle entité s'étendra de la Loire aux Pyrénées. Elle se veut d'ores et déjà « ouverte à d'autres », selon les termes de Jean-Pierre Raffarin, président de l'Association centrale des laiteries coopératives, « pour un grand espace de solidarité laitière ». Un appel du pied en direction des petites laiteries encore indépendantes...

Pour Alain Lebret et Guy Maingret, respectivement présidents du Glac et d'Eurial, les deux groupes ont déjà beaucoup de points communs, notamment en termes de territoires, de produits et de positionnement sur les marchés. Pour la nouvelle entité, la priorité est donnée à la mutualisation de la collecte. Et à un travail commun en matière de recherche et développement.

« Le nouveau groupe va aussi renforcer sa capacité à répondre aux demandes de ses clients, GMS, grossistes, artisans, exportation, par une offre de produits élargie », a souligné Guy Maingret. Le but est clairement énoncé : « Dégager des marges pour investir dans la valorisation des produits. »

Il reste qu'une question récurrente à l'approche de cette fusion n'a toujours pas de réponse. La nouvelle entité va nécessairement se retrouver avec des structures qui feront doublons. La fusion devrait donc s'accompagner d'une restructuration des unités, tant administratives que de production, et la fermeture de certaines d'entre elles.

En chiffres

Le nouveau groupe collectera près de 2 milliards de litres de lait, dont 300 millions de chèvres. Il pèsera 10.000 producteurs et 2.650 salariés, pour un chiffre d'affaires de 1,3 milliard d'euros. Il rassemblera 20 usines spécialisées dans le Poitou-Charentes, les Pays de la Loire, le sud de la Bretagne et l'Auvergne qui produisent beurre, lait de consommation, fromages de vache et de chèvre, crème, etc.

M.-G.M.